Le conflit minier et les craintes liées aux élections plombent les primes d’assurance des investissements en RD Congo

L’instabilité de la vie politique en République Démocratique du Congo (RDC) ont fait augmenter les primes des risques d’assurance de 40% depuis l’apparition du différend sur les permis d’exploitation miniers, et cela devraient encore augmenter en raison de l’approche des élections de 2011, a déclaré l’ACA, une agence d’assurances de premier plan en Afrique.

La RDC se remet des années de guerre et de la corruption mais s’est enlisée dans différents problèmes depuis que la crise financière mondiale a frappé son économie et qu’elle s’est engagée en 2008 dans la revisitation de son secteur minier fort lucratif.

« Le coût du risque politique a augmenté de 40 % en raison de la crainte de révocation des permis [miniers], » a déclaré M. Stewart Kinloch, PDG intérimaire de l’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique (ACA), à l’agence de presse « Reuters » mardi lors d’une conférence sur les investissements en Afrique.

La couverture de l’ACA pour risques politiques comprend une variété de situations en ce compris le risque de guerre, d’expropriation (dont la révocation des permis) et les risques liés aux devises.
La RDC a révoqué le permis d’exploitation de la société minière canadienne « First Quantum Minerals » pour le projet KMT (Kingamyambo Musonoi Tailings) en août 2009 lors de la révision de 61 contrats miniers et a depuis demandé $ 12 milliards en compensation, affirmant que le partenariat était frauduleux.

En février, First Quantum a demandé un arbitrage international. Une procédure qui peut prendre des années si elle devait aller en appel.
« Ces individus ont investi $500 millions et qu’ont-ils obtenu en démontrant cela ? » a demandé M. Kinloch, qui affirme que la hausse des primes reflète les vues du marché sur l’investissement en RD Congo et que les deux parties feraient mieux de parvenir à un accord.
Pour le PDG intérimaire d’ACA, l’appréhension au sujet de la révocation des permis a augmentée les annuités traditionnelles des primes de risque politique en RDC de 2 % à 2,8 % de la couverture du risque d’investissement – une hausse de 40 %.

L’APPROCHE DES ELECTIONS REBUTENT LES INVESTISSEURS

Les investisseurs en RDC font aussi face à des menaces d’un conflit dans l’Est et dans le Nord, ainsi qu’un risque potentiel d’instabilité généralisée au cours des élections qui doivent avoir lieu en 2011.

L’ACA a affirmé que le risque pris par les créanciers de prêter aux pays africains entrant en période électorale peut être le double de celui pris en Europe occidentale, et que les primes de risque pourraient augmenter en RD Congo durant cette période.
Toutefois, a-t-il tenu à préciser, l’Agence s’est efforcée de convaincre les réassureurs que les attaques récentes dans le nord de la RDC par les rebelles ougandais de l’Armée de Resistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army ou LRA) sont loin de la région du Copperbelt située au sud du pays, où l’ACA couvre près de $200 millions d’investissement.Les prévisions des investissements directs étrangers (IDE) en RD Congo devraient s’élever à $ 5 milliards cette année par rapport au $ 4,5 milliards de 2009 en raison de la croissance dans les secteurs minier et bancaire. Cependant, les analystes disent qu’ils risquent de retomber à $ 4,5 milliards en 2011 à cause des élections.

« Même si nous travaillons sur l’amélioration de notre climat des affaires, en raison de nos élections, les investisseurs ne voudront pas venir », a déclaré par téléphone M. Amis Hardy, Directeur dans l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI).

La RDC – qui a demandé à la plus grande force de maintien de la paix de l’ONU de quitter d’ici à 2011– fera des efforts pour éviter tout ralentissement de ses investissements potentiels en se préparant correctement pour les élections, a déclaré à Reuters le ministre des Finances, M. Matata Ponyo.
« Nous pensons que si le risque politique augmente, il sera néanmoins faible », a-t-il déclaré, estimant que les élections coûterait $ 500 millions pour sa mise en œuvre avec une contribution gouvernementale encore indéterminée.

L’Agence pour l’Assurance du Commerce en Afrique couvre les risques politique et de crédit à l’exportation pour une valeur de $ 2 milliards dans neuf pays africains dont $ 300 millions pour les investissements en RD Congo – principalement dans le secteur minier ; des télécommunications ; et des projets d’habitation.

Classée « stable A » par l’agence de notation financière « Standard & Porcs », elle est la deuxième institution la mieux cotée sur le continent après la Banque africaine de développement (BAD).

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