Ciment : la création des centrales d’achat pour mettre fin à la spéculation

La fin de l’exonération des droits de douane sur les importations du ciment gris en RDC et ses conséquences sur la hausse des prix de ce produit a fait l’objet des échanges lors de la conférence hebdomadaire de Synergy-Group animée le vendredi 11 juin par le Directeur de publication du magazine Entreprendre, M. Victoire Eyobi.

La fin de l’exonération des droits de douane sur les importations du ciment gris en RDC et ses conséquences sur la hausse des prix de ce produit a fait l’objet des échanges lors de la conférence hebdomadaire de Synergy-Group animée le vendredi 11 juin par le Directeur de publication du magazine Entreprendre, M. Victoire Eyobi.

L’orateur a commencé par circonscrire le cadre de ces mesures d’exonération arrêtées depuis novembre 2008 et renouvelées deux fois jusqu’au 10 mai 2010. L’objectif de cette mesure était d’inonder le marché en ciment importé et de couper court à spéculation liée à la forte demande (3.000.000 tonnes par an) face à une offre intérieure qui atteint difficilement 800.000 tonnes produits par trois cimenteries du pays : Cinat, Cilu et Lubudi au Katanga.

Depuis la prise de cette mesure, le prix du ciment a sensiblement baissé, de 22 dollars à 14 dollars, mais reste toujours très élevé comparativement à d’autres pays tels que l’Egypte (4 USD), la Turquie (4 USD)… Il se pose un problème de contrôle de structure de prix, d’encouragement de l’industrie locale confrontée à des problèmes techniques et d’investissement, à la politique de l’Etat dans le secteur… Le gouvernement doit maîtriser le coût à la production et disposer d’une politique en matière de ciment.

Le ciment importé vient essentiellement de l’Egypte, de la Turquie, de la Chine… Alors que dans ces pays son coût varie entre 4 et 5 dollars, les observateurs ne comprennent pas que le ciment continue à être vendu sur le marché congolais à 14 voire 15 dollars. Rien apparemment n’explique cet écart surtout que la crise occasionnée par la rareté de ce produit n’existe plus. En principe, le gouvernement devrait œuvrer pour la baisse des prix.

Le prix varie d’un coin à l’autre du territoire national atteignant 25 dollars au Kasaï-Occidental. Et pourtant, le ciment produit localement sort de l’usine moyennant 9 dollars et devrait être vendu au plus à 13 dollars. Malheureusement, la structure des prix dictée par les taxes, les problèmes d’énergie, les intérêts des dirigeants… fait que les consommateurs achètent à un prix exhorbitant fondé sur aucune justification. C’est la victimisation des consommateurs pendant que les importateurs ne sont pas contrôlés, achètent le produit à bas prix et le revendent trois fois plus cher sur le marché congolais. Bref, les mesures d’exonération profitent essentiellement aux importateurs et à quelques « parapluies » dans les rangs des dirigeants.

De l’autre côté, il apparaît, après trois mesures d’exonération, que ces décisions sont ponctuelles et conjoncturelles et profitent essentiellement aux importateurs au détriment des industries locales et des acheteurs. Dès lors, toute la responsabilité revient aux gouvernants qui doivent définir une politique en matière de ciment capable de doter chaque province d’une industrie locale pour booster les grands chantiers de construction. De l’autre, le ministère de l’Economie doit maîtriser la structure des prix et mettre en place des centrales d’achat de ce produit pour couper l’herbe aux pieds des spéculateurs.

Entreprendre.
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