COMMENT SE DEFAIRE DU BOURBIER MONETAIRE ?: « Sortir le billet vert de l’économie domestique, un impératif immédiat »

Au cours de la conférence hebdomadaire tenue le 28 mai 2010 au siège de Synergy Group à Kinshasa, A .L KITENGE, directeur général du groupe a planché sur le thème : « Sortir de billet vert de l’économie domestique, un impératif immédiat » . Un sujet de grande d’actualité qui a tenu toutes ses promesses au moment où l’on aborde le dernier virage de l’atteinte du point d’achèvement annoncé pour juillet 2010.

Faisant l’économie de la question, l’orateur a expliqué que la consommation concurrente du franc congolais et du dollar américain sur le marché congolais posait un sérieux problème.

Il s’agit du peu de confiance en la monnaie nationale que manifestent les agents économiques au profit des monnaies étrangers qui n’ont pas cours légale en République démocratique du Congo.

En effet, depuis un certain nombre d’années, l’inflation et la dépréciation monétaire ont affaibli le franc congolais. Avec la monnaie nationale, le public ne sait pas épargner, protéger son pouvoir d’achat ni tenir un budget fiable en court, moyen ou long terme, analyse l’orateur.

Sur le marché des biens et services, fait-il remarquer, tout se paie en dollar américain. Si bien que la devise américaine est devenue une monnaie de référence dans les transactions commerciales et financières de tout genre en RD Congo. A l’aide du billet vert, on peut très aisément s’approvisionner en essence dans une station service, s’acquitter des frais scolaires à l’école, acquérir son billet d’avion, payer son addition dans un hôtel ou dans un restaurant, ouvrir un compte épargne dans une banque, honorer une facture chez un pharmacien, etc.

Pour A.L Kitenge, le dollar US remplit toutes les fonctions reconnues au franc congolais – la monnaie nationale de la RD Congo – ce qui est loin d’être le cas dans certains pays d’Afrique tel que l’Angola, la Zambie, la République sud africaine, le Rwanda ou la République centrafricaine, laisse-t-il entendre. Une telle situation pose un vrai problème de souveraineté nationale étant entendu que le franc congolais est un symbole fort de cette souveraineté, c’est-à-dire de ce pouvoir d’émancipation économique, a souligné l’orateur. Selon A.L Kitenge, il est impératif et urgent de décider immédiatement de mettre fin à cela. Dans une situation normale, a-t-il développé, la place du dollar américain se trouve à la banque pour les besoins du commerce extérieur congolais et non dans l’économie domestique.

A son avis, la faiblesse de l’économie et la perversité du secteur bancaire ont contraint les opérateurs économiques à recourir à la thésaurisation du dollar américain et du franc congolais.

A.L Kitenge a indiqué que ce désordre économique et monétaire est déploré, particulièrement, par la Fédération des entreprises du Congo (FEC).

En effet, cette organisation patronale a récemment laissé entendre que des ressources financières de l’ordre de 15 milliards de dollars US seraient en circulation hors circuit bancaire en RD Congo. Une situation rendue plus difficile encore par la Banque centrale du Congo (BCC) qui, par souci de d’éponger le trop plein du franc congolais en circulation, a plutôt injecté des millions de dollars US sur le marché bancaire, a souligné l’orateur du jour A en croire le DG de Synergy Group à Kinshasa, la solution consisterait à rétablir le franc congolais dans sa fonction de moyen de paiement et comme « valeur refuge » en promouvant la bonne gouvernance économique et monétaire.

Pour cela, il faut que les ressources monétaires du pays soit plutôt mises à la disposition des milieux d’affaires et non des opérateurs politiques qui, eux, s’adonnent à des activités spéculatives, fait comprendre A.L Kitenge.

Afin de réduire l’excédent de franc congolais en circulation, l’orateur suggère que soit imprimées et injectées dans l’économie les coupures du franc congolais à valeur faciale élevée. Dans le débat qui a suivi ce brillant exposé, des opinions se sont exprimées pour réclamer l’émergence d’une classe d’opérateurs économiques congolais portés vers la maîtrise parfaite des circuits de production et de distribution des biens et services dans le pays.

Une telle approche aurait l’avantage de contre balancer l’influence perverse des opérateurs économiques étrangers. Ces derniers, remarque-t-on, sont tous ou presque portés vers le dollar américain et soucieux de garder leurs avoirs en comptes en banque à l’étranger.

L’émergence d’une classe de patrons des PME et PMI congolais pourrait également résoudre la question de la mise en valeur des biens et services produits localement. Produire et consommer (avant tout) congolais serait le leitmotiv pour la mise en place d’un processus de développement endogène, fait-on savoir à Synergy Group.

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