Espèces de poissons en disparition dans les eaux du Lac Tanganyika

Plusieurs espèces de poissons rares se sont décimées dans le lac Tanganyika depuis le siècle dernier suite au réchauffement climatique considérable, d’après les études menées récemment par les scientifiques africains et occidentaux.

Deuxième plus grand lac au monde en volume et en profondeur, le lac Tanganyika, dans l’Est de la République démocratique du Congo a enregistré un réchauffement considérable depuis 90 ans, souligne une étude menée récemment par des scientifiques africains et occidentaux et publié dans le magazine Nature Géoscience du mois de mai 2010.  » Le lac Tanganyika s’est considérablement réchauffé pendant le siècle dernier et est désormais plus chaud qu’il ne l’a jamais été au cours des 1500 dernières années  » souligne le magazine Nature Geoscience.
Selon un communiqué de presse publié dans le magazine Nature Geoscience, « le lac Tanganyika a fait l’expérience d’un réchauffement sans précédent au cours du siècle dernier. Le Réchauffement affectera probablement les populations de poissons dont dépendant des millions d’individus.  » Selon cette étude, l’augmentation de la température du lac Tanganyika affecte de manière significative la vie aquatique de la région.

Ce réchauffement des températures de l’eau du lac représente une menace réelle et directe pour la faune et la flore de cette région. Le lac Tanganyika compte parmi les lacs les plus poissonneux de la planète, avec une biodiversité exotique qui fait de lui un véritable laboratoire vivant ! Servant de frontière naturelle entre la République démocratique du Congo, le Burundi, la Tanzanie et la Zambie, lac Tanganyika est une véritable voie et communication entre ces pays et aussi un réservoir alimentaire et en eau potable.

Il est le deuxième plus grand lac en volume et en profondeur. Selon diverses statistiques, près de douze millions d’individus vivent autour du lac Tanganyika et dépendent de lui pour leur approvisionnement en eau potable et en nourriture, notamment du poisson et des crustacés. La disparition de cette richesse halieutique pourrait entraîner une grande famine suivie d’une catastrophe humanitaire sans précédant dans la région orientale du continent africain.

Le réchauffement

Madame Jessica Tierney, scientifique et chercheurs dans plusieurs universités américaines, a déclaré que cette forte augmentation de température coïncidait avec la croissance des émissions de gaz à effet de serre enregistrée au cours du 20ème siècle,  » Et l’étude est donc une preuve supplémentaire du réchauffement de la planète engendré par la croissance de ces émissions « , a -t-elle expliqué.

Elle poursuit en relevant que les grands lacs de l’Afrique orientale, tels que le Tanganyika, le Malawi, le Moero, le Turkana ont été formée il y a des millions d’années par le mouvement des plaques tectoniques qui déchire la vallée du Grand Rift Africain ( Rift Valley). De leur côté, les géologues de l’Université Brown de Rhodes Island ont utilisé du carbone 14 pour mesurer l’âge des sédiments sur le lit du lac. Ils ont ensuite testé les micro-organismes fossilisés dont les membranes changent selon les températures, pour évaluer les différentes températures qu’a atteint le lac Tanganyika dans le passé.

Il faut dire que la plupart des études sur le changement climatique se concentrent plutôt sur les températures atmosphériques, mais de plus en plus de scientifiques étudient ses effets sur les océans, les mers et les lacs, qui absorbent tous de grandes quantités de chaleur.

Une conférence internationale

Le magazine souligne que l’augmentation récente de température est corrélée avec une perte remarquable de productivité biologique dans le lac. Ce qui semble indiquer que des températures plus élevées pourraient affectées la vie aquatique.  » Le lac Tanganyika est devenu plus chaud, de plus en plus stratifié et moins productif au cours des 90 dernières années. Des températures sans précédent et une diminution de la productivité peuvent être attribuées au réchauffement climatique, avec des implications importantes pour la pêche dans ce lac.

Les températures de l’eau du lac ont augmenté de 0,9 degré Celsius et cette croissance a été accompagnée d’une chute du volume d’algues « , explique la scientifique Jessica Terney. Celle-ci a a enchaîné en affirmant :  » Nous montrons que la tendance au réchauffement que nous avons constatée affecte également ces endroits isolés dans les tropiques. Nous avons enregistré un réchauffement intense ces dernières années… pas seulement dû aux variations naturelles du climat ».

Elle a ajouté que la vie aquatique dans le lac avait été affectée parce que dans un lac aussi profond que le Tanganyika, les nutriments se forment au fond du lac, mais les algues qui en ont besoin vivent à la surface. Les scientifiques ont, enfin, constaté que d’autres facteurs tels que la surpêche, peuvent être un danger plus important que le réchauffement pour la biodiversité du lac.

Dans le souci de sauvegarder le lac Tanganyika qui constitue, à tout point de vue, l’une des plus grande réserves en eau douce de la planète, les scientifiques entendent organiser, en collaboration avec la Banque Mondiale, une conférence internationale pour la sauvegarde et la protection du Lac Tanganyika et de sa biodiversité.

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