La route, c’est le développement. Les pays avertis en font leur cet axiome. C’est dans ce contexte qu’il faut placer la création du « Fonds national pour l’entretien des routes », FONER. Car, construire une route, c’est ingénieux. Mais songer à l’entretenir pour la maintenir dans un état d’utilisation optimale, c’est assez génial.
La route, c’est le développement. Les pays avertis en font leur cet axiome. C’est dans ce contexte qu’il faut placer la création du « Fonds national pour l’entretien des routes », FONER. Car, construire une route, c’est ingénieux. Mais songer à l’entretenir pour la maintenir dans un état d’utilisation optimale, c’est assez génial.
Aussi, avais-je salué la création de cet organisme qui allait ouvrir des perspectives encourageantes au secteur des transports et de communication. Pour bien fonctionner, être autonome, efficace et entreprendre des actions ponctuelles de remise à niveau des routes, une taxe a été instaurée, à prélever dans la taxe pétrolière.
Mais contre toute attente, je viens d’être saisi d’un fait qui trouble ma conscience de sénateur. En effet, je viens d’apprendre que les autorités de la Province du Bas-Congo ont décidé de suspendre purement et simplement cette taxe. Quelques jours avant, j’assistais à un débat fort instructif au Sénat. La plénière de la chambre haute du Parlement procédait à l’examen avant l’adoption de la loi sur les principes généraux applicables au secteur agricole. A travers ce projet de loi, le gouvernement suggérait la création d’un « Fonds agricole » dans le but de financer ce secteur vital.
La création d’un nouveau fonds, après le FONER, a soulevé un débat houleux quand on sait que c’est dans cette même chambre du parlement que les sénateurs étaient allés en profondeur en votant une loi destinée à financer l’entretien des routes dont celles de desserte agricole. Au moment où cette loi est soumise à l’Assemblée nationale pour une deuxième lecture, j’apprends avec ahurissement qu’un mauvais vent souffle au FONER. Comme pour donner raison aux autorités du Bas-Congo et à ceux des sénateurs qui redoutent la création d’un second fonds.
Que se passe-t-il ? La gestion au FONER est calamiteuse. Tout se passe comme si l’on est en train de saboter le vaste programme du chef de l’Etat, avec comme clé de voûte, la réhabilitation et la construction des infrastructures routières.
Il nous revient que le Directeur général de FONER s’illustre par une gestion personnelle et opaque qui fait craindre le pire. Tenez.
Selon des estimations, FONER encaisse environ 10.000.000 USD par mois sur la taxe pétrolière. Pour des raisons connues de lui seul, ce gestionnaire de FONER dispatche ces ressources sur des comptes de son choix. Pire encore, il s’amuse à ouvrir des comptes un « matin », et les solde le « soir », après avoir réalisé quelques opérations pour des raisons non avouées.
Il ne s’arrête pas là. Il encourage des « marchés bidons » avec certaines entreprises de la place par l’intermédiaire de l’Office des routes ou de l’ Office des Voiries et drainage, pour un travail bâclé. Conséquence ? Des routes récemment construites, alors qu’elles devraient avoir une durée de vie de 2 à 3 ans, se défoncent et appellent de nouveaux financements. Celles construites avec le concours de l’Union européenne, tel le cas au Katanga, au Kivu et dans la province Orientale, n’ont jamais été prises en charge par le FONER pour leur entretien. Après avoir salué ces ouvrages, la population est en train de déchanter car ces routes sont déjà dans un état de délabrement.
Par le FONER, le président de la République attendait un apport subséquent dans la création des emplois avec l’engagement de dizaines de milliers de cantonniers. Qui oublie que les cantonniers affectés à cette tâche avant l’ indépendance avaient rendu un service appréciable à la Nation en reliant les territoires, les districts et les provinces grâce aux routes d’intérêt local, provincial et national bien entretenues.
Au lendemain de sa création, FONER a suscité beaucoup d’espoir. Aujourd’hui cet espoir est en train de faire place à l’ inquiétude. A énerver la vision du président de la république et à donner des arguments à tous ceux qui ne croient pas aux 5 Chantiers de la république. Le FONER est dirigé comme un bien privé, en violation flagrante des dispositions pertinentes de la loi qui l’ont créé.
Une telle délinquance sénile dans la gestion d’un organisme important dans un secteur très important de la vie nationale n’est rien d’autre qu’ un acte de sabotage. Il n’y a pas d’autres mots que de dénoncer cette attitude à vouloir ramener à zéro ce domaine stratégique des infrastructures routières.
Sabotage parce qu’il s’attaque au vaste programme de 5 Chantiers du président de la République. Subtilement, l’on s’emploie à détourner des fonds et à user du trafic d’influence pour bloquer toute tentative d’audit interne et externe. Ceci est une sonnette d’alarme pour que la hiérarchie referme rapidement ce tonneau de Danaïdes et mette ses animateurs hors d’état de nuire.
