Grâce au soutien de l’Ambassade des Etats-Unis La banque sur téléphone mobile fait son entrée en force en RDC

A la quête des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la RDCongo vient de faire un bond en avant après le séminaire sur la banque sur le téléphone mobile organisé le vendredi 26 février dernier au salon Okapi de l’Hôtel venus par le desk économique de l’Ambassade des Etats-Unis en RDC. Pour ce grand rendez-vous, l’Ambassade a fait appel à l’expertise des représentants du gouvernement, du secteur privé et de la société civile. Un expert américain, M. James Eberhard, Mobile Accord, Inc a fait le déplacement pour Kinshasa à cette occasion.

L’objectif de cet atelier était de donner la vraie information sur le phénomène Mobile banking qui aidera les populations à faire des achats, payer ses dettes, recharger les cartes prépayées, réduire la corruption et les tracasseries administratives, réduire les distances entre les consommateurs et les banques ainsi que les commerces, alléger le système de payement….

Cette nouvelle technologie devra néanmoins franchir certains obstacles avant de se confirmer en RDC, notamment l’étendue du pays, la non maîtrise de cette connaissance par les utilisateurs congolais, le manque d’énergie dans certains coins du pays, l’absence de cadre légal.

Dans son discours d’ouverture, l’ambassadeur des Etats-Unis en RDC, M. William J. Garvelink, a souhaité que « ce séminaire serve à commencer un dialogue actif et continu et un partenariat avec le gouvernement américain sur la manière dont nous pouvons utiliser la technologie pour relever les quelques plus grands défis de la RDC ».
Ce programme, a-t-il indiqué, est un résultat direct de la visite de la secrétaire d’Etat Clinton en RDC en août 2009. L’objectif pour le gouvernement américain est d’étendre les services bancaires sur téléphones mobiles en RDC.

La banque sur téléphone mobile présente plusieurs avantages. Au niveau macro, elle peut entraîner une croissance économique plus rapide. Au niveau micro, les téléphones mobiles peuvent aider un petit fermier à acheter, payer ses dettes sans pour autant se déplacer.
Pour Madame Cliton, après des années de guerre, « il faudra des solutions de créativités et des approches fraiches pour ouvrir le potentiel du Congo ». Cela avant d’ajouter que « le talent de la population est énorme mais pour l’utiliser il faut de nouvelles technologies qui peuvent produire de réels résultats dans la vie des gens. Les initiatives du service bancaire sur le téléphone portable peuvent apporter aux familles congolaises, y compris celles qui vivent dans des milieux isolés, un moyen de protéger et d’accéder à leur épargne de manière fiable, et cela donnera au gouvernement congolais un moyen plus efficace de payer les travailleurs municipaux, les officiers de la police et les militaires ».

Dans son intervention, le Vice-gouverneur de la banque centrale du Congo, M. Jean-marie Emungu a épinglé les efforts du gouvernement pour moderniser le système national de paiement ; cela au travers d’une approche participative. Il a mis l’accent sur la nécessité de mettre en place un cadre légal pour s’assurer que les services rendus arrivent aux consommateurs. Pour lui, la banque sur téléphone mobile vient répondre aux préoccupations rencontrées du fait du faible taux de bancarisation, du faible niveau de diversification d’instruments de paiements, du coût élevé des changes, du cadre juridique peu adapté… mais, a-t-il souligné, ces nouveaux mécanismes doivent garantir que le payement à distance représente une nouveau phénomène qui fonctionne grâce aux nouvelles technologies.

Dans les ateliers, les discussions ont tourné entre autres sur la vulgarisation de ce nouveau mode de paiement et sur la sensibilisation des populations (remise en confiance), sur la sécurité juridique, sur le financement de ces nouvelles technologies, besoin d’une infrastructure technique nouvelle qui doit aller de pair avec la sécurité juridique.
M. Rawji de la Raw Bank a relevé l’avancée réalisée dans le secteur bancaire qui est parti de 8 à 22 banques avec près de 300.000 comptes pendant que le nombre d’abonnés au téléphone cellulaire atteint les 10 millions sur 65 millions d’habitants. Mais, face à l’étendue du pays et aux besoins croissants des populations, il y a lieu d’adapter les méthodes de travail.

Entreprendre.
© 2010 Magazine Entreprendre