HYDROCARBURES RD Congo : après les mines, le pétrole

Au lendemain de la tenue à Kinshasa du 4ème Congrès africain du pétrole et expositions (CAPE IV), les autorités congolaises affichent l’ambition de mettre en valeur et d’exploiter l’énorme potentiel dont dispose le Congo en matière des hydrocarbures. Des grandes manœuvres sont annoncées pour attribuer aux opérateurs intéressés les blocs pétroliers qui vont être mis à jour dans les Grands lacs africains. A cet effet, Simon Bulupiy, vice-Premier ministre chargé des PTT, a laissé entendre que Kinshasa va ouvrir à l’exploration 16 nouveaux blocs pétroliers : 10 dans le lac Tanganyika et 6 dans le lac Kivu à la frontière avec le Rwanda.

Kinshasa qui a déjà offert des blocs à l’exploration dans le lac Albert qui sépare la RDC et l’Ouganda, dans le nord-est du pays. Elle compte ouvrira au mois d’avril des appels d’offre pour ces nouveaux blocs, a indiqué le directeur de projets au ministère congolais du Pétrole, Joseph Pili-Pili, lors du CAPE IV. Ainsi, l’occasion sera donnée aux sociétés pétrolières nationales et internationales d’explorer le bloc pétrolifère du bassin sédimentaire du Congo et à investir dans le pays, rapporte l’Agence congolaise de presse (ACP). Simon Bulupiy Galata a fait valoir l’amélioration du climat des affaires en RD Congo et l’accélération de la mise en place d’un code des hydrocarbures qui, selon lui, reste le seul document à sécuriser le gouvernement et les investisseurs.

La RD Congo possède plusieurs milliards de m3 d’or noir, selon des estimations. Un potentiel riche et des réserves insoupçonnées, a indiqué Simon Bulupiy, citant l’étendue du bassin du Congo avec plusieurs parcelles qui présentent des indices de pétrole aux frontières avec l’Angola (littoral), avec l’Ouganda (Lac Albert) et avec le Rwanda (le lac Kivu recèle d’importantes quantités de gaz). Jusque là, seule la société Perenco faisait la pluie et le beau temps sur les gisements off shore et on shore du bassin côtier, pour un niveau de production qui ne dépassait pas 25.000 /jour. Compte tenu de la situation, Kinshasa veut rediscuter de son espace maritime avec Luanda.

En effet, l’Angola exploite plus de 2 millions de barils par jour sur cette même zone ! Les autorités congolaises se battent donc pour faire appliquer un redécoupage plus équitable du plateau continental. Au final : un quart de cette zone pourrait revenir à la RD Congo. De leur côté, les Députés angolais viennent de demander à leur gouvernement d’entrer en discussion avec la RD Congo en vue de parvenir à une délimitation définitive de la frontière maritime entre les deux pays voisins. Une dernière zone s’étend entre le Bandundu, les deux Kasaï et l’Equateur. A l’heure où est intervenu le remaniement du gouvernement, l’ancien ministre congolais des Hydrocarbures, René Isekemanga, était sur le point de signer avec un opérateur français le contrat d’exploration du pétrole dans la Cuvette centrale, près de Mbandaka. Pour n’avoir pas informé l’autorité nationale, il aurait été écarté en même temps que ce projet au profit de l’Est. Dans l’immédiat, de nombreuses sociétés sont sur les rangs pour explorer dans la Cuvette. Certaines attendent le nouveau code des hydrocarbures que l’Etat congolais devrait promulguer dans le courant de l’année. De ce point de vue, le pétrole s’annonce comme une ressource de l’avenir au moment où les mines donnent des signes d’essoufflement.

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