Une fois de plus, les gouvernements provinciaux du Bas-Congo et de Kinshasa vont devoir s’affronter à nouveau au gouvernement central au sujet de la gestion des fonds publics générés par le produit du péage collecté sur la route nationale n°1
Après avoir résolu en partie les difficultés sur l’application de la retenue à la source par les provinces des 40% des recettes publiques – affaire qui a suscité une vive polémique entre Kinshasa et les 11 provinciales – une nouvelle querelle vient d’éclater entre le pouvoir central, d’une part, et d’autre part la province du Bas-Congo associée à la ville province de Kinshasa.
A l’origine de la brouille figure l’affectation et l’utilisation des fonds publics générés par le péage collecté sur la route nationale n°1 reliant Kinshasa à Matadi dans la province du Bas-Congo, au Sud-Ouest de la RD Congo.
A première vue, la brouille serait alimentée par la dégradation de l’état de cette route d’intérêt national, mais aussi par le mauvais état que présentent les équipements de la voirie urbaine à Kinshasa ainsi que la situation inquiétante des routes d’intérêt local dans le Bas-Congo.
Sur le plan financier proprement dit, la gestion des recettes du péage est actuellement confiée au Fonds national d’entretien routier (FONER). D’après une source crédible, ce péage rapporterait près de 2,5 millions de dollars américains par mois.
Dans ce contexte, la part rétrocédée à la province du Bas-Congo ne dépasserait pas 120.000 dollars américains par mois et ne serait versée que de manière irrégulière. Tandis que celle réservée à la ville – province de Kinshasa prendrait une destination qui ne serait connue que du seul gouvernement central. Le gouvernement provincial du Bas-Congo laisse entendre qu’au début du projet en 2006, il bénéficiait d’une quote-part de 20%.
Longue de 365 km, la Route nationale n°1 a été réhabilitée en 2006, grâce à un financement de la Banque mondiale offert au titre de don. Les dépenses de son entretien et les salaires du personnel étaient prises en charge par l’entreprise privée Malta Forrest qui avait préfinancé les travaux de construction des trois postes de péage installés sur ce tronçon. A l’époque, la taxe perçue auprès des camionneurs produisait 400.000 dollars américains par mois. Près de 80 % des recettes du péage étaient gérés par Malta Forrest et 20% par le Bas-Congo.
Mais depuis 2008, le FONER a pris les choses en main, et les mécanismes de gestion mis en place par ce service public ne permettent plus aux deux provinces de mettre en œuvre leurs plans d’entretien des équipements de voirie, de construction ou de réhabilitation des infrastructures routières, laisse-t-on entendre au niveau de ces deux gouvernements provinciaux.
A Kinshasa par exemple, le ministre provincial du Plan et des Finances, pris à partie en 2009 par l’Assemblée provinciale pour inaction dans le domaine de la voirie et des infrastructures publiques, avait clairement laissé entendre que la quote-part du péage réservée à son gouvernement serait affectée d’autorité par le gouvernement central aux travaux de modernisation du Boulevard du 30 juin dont le coût serait estimé à plusieurs millions de dollars américains.
Néant plus assez d’argent, ces deux gouvernements provinciaux déplorent, non seulement la dégradation de l’état de la route nationale n°1, mais en plus la démotivation du personnel commis à la perception du péage qui s’adonnerait à la pratique de la main tendue auprès des usages de cette route. Situation qui inquiète au plus haut point les camionneurs.
Enfin, l’entreprise chinoise CREC (China Railways Seventh Group), désignée pour remplacer Malta Forrest dans l’entretien de cette route, n’a toujours pas démarré ses activités en dépit de la disponibilité des ressources financières auprès du FONER. R.Y
