Les banques commerciales souhaitent disposer d’un Code des investissements propre au secteur bancaire. Pour le président de l’Association congolaise des banques, Michel Losembe, reçu en audience jeudi 13 mai par le ministre des Finances, ce projet de loi vacille encore entre la Banque centrale du Congo et le Parlement.
Le bureau de l’Association congolaise des banques (ACB) a plaidé, hier jeudi 13 mai, pour un Code des investissements spécifiques pour le secteur bancaire. Michel Losembe, administrateur délégué de City Bank/RDC et président de l’ACB, l’a fait savoir au sortir de l’audience qu’a accordée à sa délégation le ministre des Finances, Matata Ponyo Mapon.
Dans sa réponse à une question de la presse, le président de l’ACB n’a pas caché son indignation sur le retard pris dans la transmission au Parlement d’un projet de Code des investissements pour le secteur bancaire, soulignant que ce projet de loi spécifiques pour le secteur des banques « se perde entre la Banque centrale du Congo et le Parlement ».
S’étant déjà depuis quelques mois dotés d’un plan comptable spécifique pour le secteur bancaire, l’ACB se bat actuellement pour obtenir de l’Etat un Code des investissements propre à ce secteur.
Très respectif au problème soulevé par le président de l’ACB, le ministre des Finances a promis de s’impliquer pour amener le secteur bancaire à évoluer dans un cadre juridique qui prendrait en compte la particularité du secteur.
Le point portant sur la nécessité de doter le secteur d’un Code des investissements spécifiques n’a pas été le seul point abordé lors de ce premier contact entre le ministre des Finances et Le bureau de l’ACB.
L’occasion faisant le larron, le président de l’ACB a présenté à l’intention du ministre des Finances, les grands problèmes qui freinent l’émergence d’un secteur bancaire réellement compétitif.
A ce propos, Michel Losembe a dit attendre du ministre des Finances des pistes de solution pour aider le secteur bancaire à sortir de sa torpeur, se voulant très disposé à développer un partenariat public-privé mutuellement profitable aussi bien à l’Etat congolais qu’à la profession bancaire. « Nous attendons du gouvernement l’amélioration du système bancaire pour donner à la profession les moyens de participer efficacement à la relance économique ».
MOINS DE TRACASSERIES AUX BANQUES
Du fait de la forte implication des banques commerciales dans la canalisation des recettes publiques vers le compte général du Trésor, le point portant sur les pactes de doublement des recettes, conclus en mars 2010 avec les régies financières, a figuré en bonne place dans les échanges que l’ACB a eus avec le ministre Matata. Michel Losembe pense que le ministre des Finances devait s’impliquer pour la revalorisation des banques privées pour en faire des « partenaires collecteurs des impôts ». Cette collaboration devait se traduire par « moins de harcèlement fiscal » pour, note-t-il, permettre aux banques commerciales d’aider le gouvernement à atteindre les résultats des pactes de doublement des recettes.
Il n’y a pas de développement économique pérenne si les banques ne jouent leur rôle en récoltant l’épargne d’un côté et ne financent pas l’économie de l’autre. Les banques restent donc la pierre angulaire du développement, un vecteur déterminant de la croissance économique. Si elles n’augmentent pas la collecte de l’épargne, ne touchent une partie de plus en plus importante de la population et si elles ne peuvent financer des entrepreneurs qui veulent lancer des activités ou les étendre, tous les efforts de relance ne seront rien d’autre que des coups d’épée dans l’eau.
Fort de son nouveau leadership, l’ACB devenant une corporation professionnelle crédible, ambitionne d’amener les décideurs à hisser le secteur bancaire au centre de ses préoccupations et lui donner la place qui lui revient dans l’économie nationale.
ADHESION INTERNATIONALE
Bien avant le bureau de l’Association congolaise des banques, le ministre des Finances s’était entretenu auparavant avec le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku. De passage à Kinshasa, le gouverneur du Nord Kivu a rendu, selon lui, visite au ministre des Finances pour le féliciter des mécanismes qu’il a mis en place pour la maximisation des recettes publiques. Dans la vision d’impliquer davantage le Nord-Kivu dans la maximisation des recettes publiques, Julien Paluku a invité le ministre des Finances à se rendre dans a province pour sensibiliser les services commis à la collecte des impôts, droits et taxes.
La veille, soit le mercredi 12 mai, les ambassadeurs de la Grande-Bretagne et de la Suisse en RDC, respectivement Neil Wigan et Linus Von Castelmur, ont échangé avec le ministre des Finances sur un certain nombre des sujets touchant particulièrement aux efforts mis en œuvre par le gouvernement pour améliorer l’environnement macro-économique. Avec l’ambassadeur de la Grande-Bretagne, les échanges ont tourné essentiellement sur la coopération entre les deux pays dans la perspective de l’atteinte imminente du point d’achèvement de l’initiative PPTE.
Pour sa part, Linus Von Castelmur a rassuré le ministre des Finances du soutien du gouvernement helvétique à accompagner la RDC dans la mise en œuvre des grands travaux de reconstruction. Avec son hôte, le ministre des Finances abordé notamment des questions bilatérales et multilatérales, portant sur l’intervention de la Suisse dans le domaine de la santé, le renforcement des structures en répondant aux besoins du personnel. C’est dans ce cadre que le diplomate helvétique a annoncé l’ouverture dans les prochains mois à Kinshasa, Lubumbashi et Goma des antennes de production du géant suisse de l’agro-alimentaire Nestlé.
