En cette période de crise économique mondiale, les Congolais de l’étranger sont de plus en plus nombreux à vouloir regagner leur pays et à s’investir dans différents secteurs de la vie sociale en République Démocratique du Congo. Cette vague des retours est en grande partie dictée par la précarité d’emplois que leur offrent les pays d’accueil, en dépit de leurs qualifications et compétences souvent remarquables. A cela s’ajoutent le mal du pays et les nombreuses opportunités qui s’offrent à eux en RDC.
Il faut rappeler que la plupart de ces compatriotes sont partis du pays comme refugiés fuyant tel ou tel autre régime politique, comme étudiants ou comme des simples citoyens qui ont librement choisi de vivre ailleurs, à la recherche d’une meilleure sécurité sociale. Dans ce cortège se trouvent également les euro-congolais qui découvrent par la même occasion le pays de leurs parents. Tous arrivent avec un bon sentiment et des rêves magnifiques pour la RDC. Une fois au pays, se pose un problème d’adaptation au système socio-économique local et ses particularités.
Dans bien de cas, la République Démocratique du Congo passe pour un pays où il n’est pas du tout aisé de transiger en affaires. Les difficultés commencent déjà à l’arrivée sur le territoire, les tracasseries sont telles que les gens ne pensent qu’à une chose, repartir aussitôt que possible. Les bonnes volontés se butent souvent aux problèmes tels que l’accès à l’information, le cadre juridique, les procédures administratives ainsi que l’opacité dans la collaboration avec les partenaires économiques aussi bien internes qu’externes. L’absence d’un cadre juridique fiable et équitable est une des raisons majeures qui dissuadent les nombreux investisseurs potentiels. Il en est de même pour le désordre ambiant, l’insolvabilité et la corruption qui, à leur tour, alimentent toutes les craintes et rendent frileux tout esprit curieux.
Cette situation ouvre également la porte à bien de dérives, notamment le choix qui s’offre aux investisseurs téméraires: L’Informel avec des chasseurs de commissions comme intermédiaires ou le Formel avec sa batterie des paperasses et procédures opaques, ses nombreux intervenants et frais afférents. Selon l’envergure de l’entreprise, les commissions ou pots de vin peuvent atteindre des pourcentages très élevés du capital à investir, à défaut de connaître une personnalité influente de la place.
Nous reconnaitrons que la RDC regorge des hommes et femmes aux compétences remarquables dans le milieu d’affaires. Mais il est bien triste de constater qu’un grand nombre d’investisseurs potentiels est rarement exposé aux interlocuteurs sérieux, capables de parler le langage d’affaires et de les assister à bien évaluer les opportunités qui s’offrent à eux. Voilà qui en décourage plus d’un.
Malgré la crise financière, les capitaux de placement continuent à circuler librement partout dans le monde, en fonction des meilleurs taux de rendement et de l’existence d’un milieu d’affaires profitable. Pour attirer et conserver ces investissements et concurrencer les autres pays qui souhaitent aussi attirer ces capitaux, la RDC doit impérativement créer un environnement réglementaire qui incite sa diaspora et bien d’autres investisseurs à venir au pays, y produire des biens et services et s’y développer.
Toutefois, l’ambition du chef de l’État de s’appuyer sur le secteur privé pour actionner la machine de la croissance et de la réduction de la pauvreté, la campagne de lutte contre la corruption, la signature de la Charte des Petites et Moyennes Entreprises en août 2009 et tant d’autres efforts fournis à ce jour par les dirigeants de la RDC pourront constituer un espoir de voir un jour ce pays prendre l’envol économique tant attendu. A terme, le pays devrait assurer aux investisseurs tant nationaux qu’étrangers un meilleur environnement des affaires et des investissements.
Mieux encore, cet assainissement devrait s’inscrire dans un Plan Directeur de Développement qui rassure tous les Congolais en définissant les rôles et responsabilités des acteurs tant nationaux qu’internationaux. C’est à ce prix que la diaspora congolaise et n’importe quel investisseur sérieux voudraient s’investir, et ensemble avec tous les Congolais, créer une classe moyenne et bâtir une nation responsable et soucieuse du bien-être et de la prospérité de sa population.
