LA GREVE DES CONDUCTEURS A PARALYSE KINSHASA

Personne ne s’y attendait. Alors que les uns et les autres se sont pointés aux arrêts
ce lundi matin comme d’habitude pour rejoindre les lieux de travail et de négoce ce lundi, la surprise était au rendez-vous. Pas de bus, de taxis-bus et de taxis en circulation. Raison avancée : grève des conducteurs pour
manifester leur ral-le- bol contre les tracasseries policières.

Kinshasa, une ville de plus de 8 millions d’habitants n’a pas une grande société publique de transport en commun.
Pour pallier à cette carence, le transport en commun est assuré tant bien que mal par des particuliers grâce à des bus,
taxis-bus et taxis qui relient les différents coins de la Capitale. Mais ce lundi 26 avril 2010, tous les conducteurs ont
refusé de mettre leurs véhicules en circulation. A la base, ces derniers protestent contre les tracasseries des policiers
de roulage commis à la régulation de la circulation dans la ville. Cette situation a paralysé toutes les activités dans
la ville et créé ainsi un manque à gagner pour plusieurs entreprises et des négociants indépendants.

Depuis 6h30’ du matin, Kinshasa a ressemblé à une ville en guerre. Le long de toutes les artères principales de la Capitale,
on pouvait observer des colonnes et des colonnes des personnes marchant à pieds, d’autres avec des charges sur la tête et
dans toutes les directions, les arrêts des bus et les terminus étaient archicombles. Sur les visages de ceux qui marchaient,
on pouvait lire la détermination pour atteindre la destination, sur les visages de ceux qui attendaient, la désolation et
le regret de ne pouvoir atteindre la destination étaient à son comble.

Conséquences : la majorité des Kinois qui vivent au jour le jour n’a pu trouver de quoi mettre sous la dent,
les activités commerciales au grand marché de Kinshasa et d’autres marchés de la ville ont tourné au ralenti et
dans plusieurs entreprises qui n’ont pas un système de transport organisé le taux d’absentéisme a environné 60 à 70%.

Voilà une situation qui peut porter un coup dur au cadre macro-économique si des mesures conservatoires ne sont pas prises.
Ne dit-on pas que gouverner c’est prévoir ?

Interrogé à ce propos, un conducteur nous renseigne que cette grève survient après l’ultimatum lancé par l’Association
des Chauffeurs au Gouvernement Provincial et qui n’a rien fait pour arrêter la dégradation de la situation.
« Nous faisons déjà face à beaucoup de charges : la Sonas, la vignette, le contrôle technique et l’autorisation de transport.
Malgré tous ces documents, nous sommes toujours à la merci des policiers de roulage qui nous arrêtent toujours sans raison.
Et une fois arrêté, le minimum à dépenser c’est entre 5000 à 10.000 FC selon le bon cœur de celui qui t’arrête.
Nous en avons marre, voilà pourquoi cette action a été déclenchée ». Conclut-il.

Interrogé à ce propos, un conducteur nous renseigne que cette grève survient après l’ultimatum lancé par l’Association
des Chauffeurs au Gouvernement Provincial et qui n’a rien fait pour arrêter la dégradation de la situation.
« Nous faisons déjà face à beaucoup de charges : la Sonas, la vignette, le contrôle technique et l’autorisation de transport.
Malgré tous ces documents, nous sommes toujours à la merci des policiers de roulage qui nous arrêtent toujours sans raison.
Et une fois arrêté, le minimum à dépenser c’est entre 5000 à 10.000 FC selon le bon cœur de celui qui t’arrête.
Nous en avons marre, voilà pourquoi cette action a été déclenchée ». Conclut-il.

Quant à la poursuite de l’action, notre interlocuteur émet des réserves et nous confie qu’ils ont aussi besoin
de vivre et non de faire la grève, qui est aussi pénalisante pour eux.

A en croire l’Inspecteur Provincial de la Police Nationale interrogé par la chaîne Télé 7, le problème
serait le refus des conducteurs payer la redevance.

Le Ministre Provincial des Transports, intervenant sur une chaine de télévision, reconnaît, quant à lui,
l’existence du mémo des conducteurs et explique que ces derniers ont déclenché l’action au moment où
les autorités provinciales s’attelaient à trouver des solutions à leurs revendications. Et il promet de tout
mettre en œuvre pour que la situation revienne à la normale.

Pour tout observateur averti, la grève des conducteurs est une alerte et une interpellation à l’intention
du Gouvernement Provincial et du Gouvernement Central sur la nécessité et l’urgence de doter la Capitale
d’une société de transport en commun viable et efficace. Alors que le Gouvernement Central est engagé dans
la modernisation des infrastructures routières, il est aussi temps de réfléchir sur les voies et
moyens de doter la Capitale d’un système de transport en commun moderne capable de desservir
les 8 millions d’habitants de Kinshasa. Où est passé le projet de tramway qui devrait faciliter
les problèmes de transport dans la capitale ?

Entreprendre.
© 2010 Magazine Entreprendre