Le « Dossier RDC » renvoyé à juillet 2010: le point d’achèvement hypothétique

Le Conseil d’administration du FMI ne se penchera pas en juin prochain sur le dossier RDC en vue de statuer sur l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE Il ne le fera qu’au mois de juillet, rendant hypothétique le point d’achèvement. Motif de ce report : la viabilité de la dette d la RDC A Kinshasa, l’on minimise ce report. Le ministre des Finances, Matata Ponyo, qui faisait le vendredi 30 avril dernier la restitution de sa participation aux assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, s’est voulu rassurant. Jamais, pense-t-il, la RDC n’a été si proche du point d’achèvement.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), qui se réunit en juin prochain à Washington, n’ inscrira pas à son ordre du jour le « Dossier RDC » portant sur l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative d’annulation de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Ainsi en a décidé le FMI et la Banque mondiale qui conditionnent désormais le passage du « Dossier RDC » au Conseil d’administration du FMI aux conclusions d’une étude sur la viabilité de la dette de la RDC.
Les services du FMI et de la Banque mondiale se sont donnés au moins six (6) semaines pour parvenir à ces conclusions. Un délai qui va bien au-delà de la réunion du Conseil d’administration, prévue en juin 2010.
Le gouvernement doit donc s’imposer un moment d’attente. Le point d’achèvement ne sera donc plus inclus dans le gâteau d’anniversaire du cinquantenaire de l’indépendance. Plus que probable il y a quelques mois, l’atteinte du point d’achèvement devient de plus en plus hypothétique.

MATATA REVELE

En marge des discussions que la délégation congolaise, dépêchée à Washington dans le cadre des assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le gouvernement devra encore prendre son mal en patience. L’atteinte vers le point d’achèvement de l’initiative PPTE est de nouveau suspendue aux conclusions « d’une étude sur la viabilité de la dette de la RDC » – étude qui devait permettre à ces deux institutions de se fixer sur le montant réel de la dette à effacer au point d’achèvement.
Toutes ces précisions ont été données le vendredi 30 avril dernier par le ministre des Finances et chef de la délégation congolaise aux assemblées de Washington, Matata Ponyo Mapon. Se voulant optimiste, le ministre des Finances a, d’entrée de jeu, dédramatisé le nouveau report de la présentation du « Dossier RDC » au Conseil d’administration du FMI. Jamais, a-t-il dit, la RDC n’a été si proche du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Il a fondé sa conviction sur la bonne note que la RDC enregistre dans la conduite du programme conclu en décembre 2009 avec le FMI (PEG 2). « Des sources plus ou moins formelles du FMI et de la Banque mondiale, la RDC a, à ce jour du point de vue technique, réalisé les conditions requises pour atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE », a dit le ministre Matata.
Si, sur le tableau technique, rien n’obstrue le chemin qui mène au point d’achèvement, le FMI et la Banque mondiale se sont donné un temps pour éplucher le dossier RDC, avant que le Conseil d’administration ne statue sur le sujet. « Pour le moment, a souligné le ministre des Finances, les services de ces institutions finalisent une étude sur la viabilité de la dette. C’est à l’issue de cette étude qu’on va se fixer sur la partie de la dette à effacer ».

SIX SEMAINES D’ATTENTE

L’échéance de juin 2010 – date probable avancée par le gouvernement pour le passage du dossier RDC au Conseil d’administration du FMI – ne sera donc plus respectée. Car de l’avis du ministre Matata, « il est fort probable que la réalisation de cette étude (Ndlr : sur la viabilité de la dette) puisse se faire dans un délai d’au moins six (6) semaines ». En conséquence, « le dossier RDC ne sera traité qu’en juillet prochain », même si le gouvernement misait sur juin 2010 pour intégrer l’atteinte du point d’achèvement dans le package du cinquantenaire de l’indépendance.
Mais, pour le ministre des Finances, qui s’est montré très confiant devant la presse, la RDC garde encore toutes les chances d’atteindre le point d’achèvement. Matata Ponyo s’est voulu précis en épinglant certains traits prometteurs dans la course vers le point d’achèvement.
Les sept (7) déclencheurs du point d’achèvement sont presque réalisés, les réformes prévues dans le cadre du PEG 2 – une trentaine au total – sont accomplies, tout comme les indicateurs quantitatifs du PEG 2 (le plafond du crédit net à l’Etat, les planchers des avoirs extérieurs et intérieurs nets) globalement respectés à fin mars 2010, a indiqué le ministre Matata.
« Cette fois-ci, on est dans le bon », a-t-il déclaré. Pour preuve, a-t-il dit, « pour la première fois depuis cinq ans, une performance en termes des finances publiques a été réalisée de manière exceptionnelle durant les deux dernières années ». Et de poursuivre en faisant remarquer que « la RDC consolide ses efforts de gestion tels que recommandés par les institutions de Bretton Woods ».
Selon lui, ses efforts qui sont appréciés ne sont pas théoriques ». Il a cité notamment le taux d’inflation annualisé qui est passé de 45% à 14% à fin mars, alors que le taux de change s’est stabilisé autour de 900 Fc/Usd contre 930 Fc il y a quelques mois. La stabilité macro-économique, a-t-il dit, est une « préoccupation permanente du chef de l’Etat et du gouvernement ». C’est dans cet esprit qu’il entend consolider les efforts de maximisation des recettes suivant les pactes de doublement des recettes conclus avec les régies financières en mars dernier. « En ce qui concerne la mobilisation des recettes, nous y tenons fermement et nous continuerons à faire pression pour plus de résultat », a-t-il ajouté.

L’OMBRE DU CONTRAT CHINOIS

Mais cette étude de viabilité de la dette de la RDC portera essentiellement sur quoi ? Si cela n’est pas dit clairement, cette étude portera certainement sur le « contrat chinois ». Il sera question de voir si ce contrat n’alourdirait pas la dette de la RDC si les institutions de Bretton Woods décidaient de son effacement.
Ceci dit, ce report en report, malgré l’optimisme du ministre et partant du gouvernement, suscite de nombreuses interrogations. Tout se passe comme si l’on est allé vite en besogne pour crier victoire, minimisant la subtilité des institutions financières internationales.

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