Lors d’une cérémonie de présentation des vœux aux chevaliers de la plume, Banque Mondiale : Marie Françoise Marie-Nelly fixe la vision pour 2010

2010, année du cinquantenaire, est placée à la Banque mondiale sous le signe du point d’achèvement de l’Initiative Pays Pauvres Très Endetté qui conduira à l’annulation de 12 milliards USD de dette de la RDCongo. Deux axes seront prioritaires cette année : la poursuite de la réforme des entreprises publiques et la réhabilitation des infrastructures.

Préoccupée par un besoin de visibilité de ses actions, la Banque mondiale est favorable à une plus grande participation de la Société civile dans l’exécution et le suivi de ses actions sur le terrain. Elle entend également dans le cadre de la décentralisation travailler avec les différentes provinces qui sollicitent son intervention.

Tissu social et économique
Pour cela, la Banque Mondiale est déterminée à s’impliquer davantage dans des projets sectoriels de reconstruction du tissu social et économique de la RDCongo en 2010 avec en prime les infrastructures. 760 millions USD sont, à cet effet, mobilisés pour le secteur de l’électricité. Le 18 février dernier, la Banque mondiale a signé avec la RDC un accord de don additionnel de 180,6 millions USD pour financer le Projet de Marché d’Electricité de la Région Afrique australe (Sapmp).

Ce montant est venu compléter le financement réalisé en 2003 de l’ordre de 178,6 millions de dollars USD. Le secteur Electricité occupe désormais 24% du total de financement IDA alloué à tous les projets présentement actifs en RDC. La plupart des contrats, a-t-elle précisé, pour la réhabilitation des lignes haute tension sont déjà signés et les travaux sur les groupes G1 et G2 du barrage hydroélectrique d’Inga vont bientôt démarrer. Mais, il faudra au moins 24 mois pour palper du doigt les améliorations dans le domaine de l’électricité.

Dans le secteur de l’eau, 190 millions USD sont prévus pour couvrir, dans un premier temps, les besoins de trois grandes agglomérations de la RDC en l’occurrence Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani. Ce travail en partenariat avec un opérateur privé qui va reprendre en main la Regideso dans le cadre de la réforme des entreprises publiques. Mêmement pour la SNEL où deux opérateurs pourront intégrer sa gestion, l’Etat restant le propriétaire de ces deux entreprises sous gestion privée.
Installation de la fibre optique.

La Banque mondiale apportera aussi son soutien dans l’installation de la fibre optique dans le domaine de la modernisation et de la diversification des services des télécoms. L’objectif est d’atteindre une enveloppe de 1 milliard USD d’investissements pour un impact réel sur la vie des populations.
Dans le domaine du chemin de fer, le besoin d’investissement pour la modernisation de 3.700 km de voies ferrées s’élèvent à 500 millions USD. 255 millions USD sont disponibilisés par la Banque mondiale. Ce financement sera complété par 200 millions USD dans le cadre du contrat entreprises chinoises-RDC.

Un autre axe d’intervention sera la bonne gouvernance avec le renforcement de la capacité de gestion de l’Etat en s’appuyant sur les agents de l’Administration publique. A ce niveau, il se pose le problème de motivation des fonctionnaires qui passe par la définition d’une structure salariale claire. Ces problèmes pourront trouver un début de solution lors de la réunion d’évaluation du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté et la croissance (DSCRP) les 1 et 2 mars 2010.
Une plate-forme de l’aide

Sur le même angle, Marie Françoise Marie-Nelly a salué le fait que dans le budget 2010, le gouvernement a introduit une nouveauté avec l’enregistrement des ressources extérieures et la création d’une plate-forme de l’aide au ministère du Plan qui permettra de suivre de près le flux des apports des partenaires de la RDCongo (2,7 milliards USD). Ce travail sera facilité davantage grâce au Plan d’amélioration des recettes financières qui veillera à l’affectation des ressources du budget et à leur utilisation par les ministères.

Toutes ces dispositions permettront d’améliorer la cote du pays dans le Doing Business au moment où la RDC vient d’adhérer à l’Ohada avec que cela implique de besoin en formation du personnel public pour une bonne application de directives de ces organisations.
La Banque mondiale, a indiqué sa Directrice des opérations en RDC a adapté sa stratégie de travail pour une plus grande visibilité de ses actions au sein de la population et un plus grand impact sur le tissu social et économique du pays.

Une équipe renforcée pour des interventions multimodales
Au plan global, la banque renforcera sa présence sur le terrain avec un suivi rapproché pour plus de performance. Elle a révélé à cet effet que depuis six mois son équipe de travail a été reboostée avec des spécialistes dans plusieurs domaines tels que le développement durable, l’énergie, la santé, le contrôle qualité, le changement climatique… Tout cela pour une plus grande capacité d’intervention avec des projets structurés jouissant du soutien du Gouvernement.

A mi-parcours du programme démarré en 2007, Mme Marie-Nelly a indiqué que pour les projets qui restent à accomplir, la Banque sera accompagnée dans son action par d’autres institutions internationales telles que l’Union Européenne, la Banque Africaine de Développement, le Groupe des Nations Unies…
De la sorte, la Banque mondiale entend en 2010 recentrer ses interventions vers moins de secteurs pour un impact tangible en faveur des populations. Et ce après avoir évolué dans un contexte de fragilité en 2009 marqué par la crise financière internationale, l’insécurité… Pour l’année nouvelle, la BM compte consolider ses efforts dans le secteur physique avec un minimum d’ossature dans une approche multimodale qui permettra de viser les secteurs des infrastructures, social, scolaire…
3.700 km de voies ferrées à réhabiliter

En ce qui concerne, les infrastructures, la banque s’attèlera à réhabiliter le chemin de fer qui doit relier 7 provinces, en commençant par l’apurement de 37 mois d’arriérés de salaires des travailleurs de la SNCC. Dans le domaine scolaire, Marie Françoise Marie-Nelly a évoqué les efforts de financement des salaires des enseignants et la dotation des élèves des kit.
Elle a néanmoins déploré la lenteur enregistrée dans la réforme des entreprises publiques en entreprises commerciales pour leur permettre de mieux assumer les risques et d’amorcer le virage vers la privatisation. Ce processus a jusque-là difficile à attirer des investisseurs potentiels vu l’état de dégradation très avancée de la plupart des entreprises congolaises. Et pourtant, a-t-elle fait remarquer, ces entreprises une fois réformées peuvent se développer d’elles-mêmes.

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