Pour 24.408.496 USD de dommages réclamés à l’employeur, les anciens travailleurs de Marsavco continuent à dénombrer des cas de morts et des accidents. Victimes d’une opération de restructuration qui n’a jamais abouti, les travailleurs renvoyés de la Marsavco attendent toujours d’être remis dans leurs droits. Ils persistent et signent pour dénoncer le licenciement massif et illégal en violation de l’article 78 du Code du Travail dont ils sont victimes. Pour le manifester, ils sont revenus à la charge fin décembre 2009 au cours de deux semaines de sit-in devant la Primature, siège du Gouvernement. Sit-in qui a tourné au drame avec un accident de circulation qui a fait un mort et des blessés graves.
Nous avons rencontré l’ingénieur Jean-Marie Lokoto Okole, membre de l’Association des anciens travailleurs de Marsavco-Unilever Congo, en sigle ATUMACO/PHC, l’un des membres du syndicat de ces agents qui nous a fait le point sur les nombreuses tentatives de conciliation menées par les travailleurs avec l’appui du gouvernement, mais qui malheureusement se sont soldés à ce jour par un refus des dirigeants de la Marsavco RDC de répondre favorablement aux requêtes de ces agents.
Ce licenciement, on le sait, s’est fait en plusieurs étapes pour totaliser 803 licenciés. Après avoir remarqué la violation de la convention collective qui régit les agents de la Marsavco et du Code du Travail, ces travailleurs ont tôt saisi l’Inspection générale du Travail le 15 février 2002 pour réclamer le solde des avantages qui n’étaient pas pris en considération lors du licenciement, notamment la réintégration, le paiement des soldes des soins médicaux de la caisse commune médicale et le paiement de la contrevaleur des avantages en nature dont les colis et autres.
Cette requête a été jugée fondée et recevable, et il a été demandé à l’employeur de se conformer aux lois de la république sur la législation sociale du travail en vigueur. Depuis 2002, en dépit de toutes les résolutions favorables de l’Inspection générale du Travail et des différents ministres qui se sont succédés, l’employeur continue à refuser d’obtempérer à toutes les décisions tant administratives, politiques que judiciaires. Il a fallu attendre la création du Cadre permanent pour le dialogue social pour que la question soit remise sur la table. Ce qui explique que la question a été traitée en première place lors des réunions du 24 août au 4 septembre 2008 et du 28 au 29 janvier 2010 convoquées par le Premier ministre.
Même les résolutions prises dans ce cadre gouvernemental ont difficile à être exécutées par l’employeur. D’aucuns disent que c’est une question de bonne foi, car l’entreprise ne manque pas de moyens pour liquider même sur base d’un échéancier l’enveloppe de 24.408.496 USD. Le Gouvernement qui dans le cadre des Cinq a placé l’emploi parmi ses priorités doit éviter que le cas des anciens travailleurs de la Marsavco fasse jurisprudence et devrait agir avec promptitude pour faire justice à ces fils et filles du pays. Mais déjà, 12 syndicats de l’Intersyndicale du Congo ont décidé de prêter main forte aux affiliés .