Mission exploratoire du Fonds sud-coréen de coopération pour le développement économique

La Chine a fini par faire des émules dans les milieux des pays émergents de l’Asie. Après le Japon qui se déploie pour rattraper son retard, la Corée du Sud vient de se signaler en dépêchant à Kinshasa une importante délégation de son Fonds de coopération pour le développement économique et de sa Banque d’import-export. L’objectif est d’identifier les secteurs où la Corée du Sud pourrait intervenir avec efficacité.

La République démocratique du Congo se trouve dans l’état d’une belle femme convoitée par une meute de prétendants. Décidément, la présence remarquée de la Chine aux côtés du gouvernement dans la mise en œuvre du plan de reconstruction de la RDC a fait des émules. Après le Japon qui a activé sa présence en RDC via son agence de coopération (JICA), c’est au tour aujourd’hui de la Corée du Sud de se signaler dans l’espace congolaise, rassurée sans doute par l’appel lancé depuis Séoul, capitale de la Corée du Sud, par le président de la République, Joseph Kabila, lors de son séjour dans ce pays.

Liant la parole à l’acte, le ministère coréen de la Stratégie et des Finances, agissant à travers ses deux branches, à savoir le Fonds sud-coréen pour la coopération et le développement (EDCF) et de la Banque sud-coréenne d’import-export (Korea Eximbank), a dépêché à Kinshasa certains de ses experts pour approfondir des sujets de discussions abordés en Corée du Sud.

C’est suivant cette dynamique que la délégation coréenne d’EDCF-EximBank présenté à Kinshasa a eu en début de semaine une séance de travail avec différents experts du gouvernement, conduits, pour la circonstance, par le vice-ministre des Finances, Joas Mbitso Ngedza. Cadre choisi : le salon Kasaï du Grand Hôtel Kinshasa. Cette rencontre était l’occasion pour les deux parties d’échanger sur l’opportunité de financement des projets de développement en RDC par EDCF-EximBank.

Dans son mot de circonstances, le vice-ministre des Finances a circonscrit le nouveau cadre de collaboration qui lie la RDC à la Corée du Sud. Il n’a pas manqué de saluer « l’amitié et la coopération entre la Corée du Sud et la RDC, manifestée notamment à travers le dernier voyage effectué par le président de la République en Corée du Sud, voyage au cours duquel un vibrant appel a été lancé en direction des opérateurs économiques coréens de venir investir dans notre pays ». « Le souhait du gouvernement, a-t-il dit, serait de voir le Fonds de coopération pour le développement économique financer particulièrement les projets s’inscrivant dans le cadre des cinq chantiers de la République qui s’articulent autour de la réhabilitation des infrastructures, la santé, l’éducation, l’eau et l’emploi ».

PARTAGER L’EXPERIENCE COREENNE

De son côté, le représentant d’EDCF-EximBank, chef de la délégation, a, dans son intervention, présenté succinctement la politique du gouvernement de la Corée du Sud en la matière. Selon lui, l’objectif de la mission que sa délégation effectue en RDC est d’identifier les projets susceptibles d’être financés par EDCF-EximBank. « Nous voulons aider la RDC parce que nous connaissons mieux les réalités des pays en développement pour l’avoir été pendant un temps », a-t-il indiqué, se disant, par conséquent, « prêt à partager l’expérience de la Corée du Sud pour développer la RDC ». A l’issue de leurs échanges du lundi 3 mai 2010, les parties congolaise et coréenne ont convenu de mettre en place une commission pour non seulement identifier les projets mais aussi cibler les secteurs où la Corée du Sud pourrait agir avec efficacité.

A noter que le Fonds de coopération pour le développement économique (EDCF) est une branche du ministère coréen de la Stratégie et des Finances créé le 1er juin 1987. La Banque sud-coréenne d’import-export (EximBank) est un organisme financier public créé en 1976 et chargé du développement de l’économie coréenne et de coordonner les interventions économiques à l’étranger.

L’EDCF est un fonds spécial du gouvernement coréen pour l’octroi de prêts concessionnels aux pays en développement. Il est destiné à aider ces pays à promouvoir une croissance industrielle et une stabilité économique pour permettre le transfert des expériences et technologies de développement de la Corée du Sud et renforcer la coopération économique bilatérale en vue d’encourager un développement économique rationnel.

Les ressources financières d’EDCF sont constituées de contributions et d’emprunts à long terme auprès du gouvernement, ainsi que des bénéfices d’exploitation et des réserves du Fonds.

La politique africaine de l’EDCF consiste à se focaliser sur les pays à fort potentiel de croissance ; faire de la stabilité politique le premier critère ; encourager l’établissement de relations commerciales avec les sociétés coréennes et investir dans les pays cibles ; partager l’expérience coréenne en matière de développement et ; établir une coopération économique solide et mutuellement bénéfique.

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