Ne perdons pas la tête : l’atteinte du « point d’achèvement » par la République Démocratique du Congo est un exercice qui paraît bien plus compliqué que pour un athlète engagé dans une course de « sauts d’obstacles ».
Fin janvier 2010, la République du Congo (Brazzaville) – un autre Pays pauvre très endetté de l’Afrique centrale – venait d’annoncer qu’elle y était parvenue, après maints sacrifices douloureux. Ses efforts pour « la bonne gouvernance et la transparence » venaient d’être approuvés par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Depuis son arrivée à Kinshasa où elle effectue une mission de travail, la délégation du FMI laisse entendre qu’elle évalue avec les autorités congolaises la mise en œuvre de la IIème copie du Programme économique du gouvernement (PEG II). L’objectif étant de parvenir au « Point d’achèvement de l’Initiative Pays pauvres très endettés », il s’agit pour les deux parties de faire le point des réformes à mettre en place et des actions de bonne gouvernance entreprises par le Congo pour ce faire. Réformes des entreprises publiques, des régies financières, des marchés publics, du secteur des mines et la lutte contre la corruption constituent autant de défis pour lesquels l’on attend de Kinshasa un comportement conséquent. Mais, il y a surtout l’engagement à assainir « le climat des affaires » qui paraît capital aux yeux de la communauté financière internationale. Il y a eu l’affaire des Contrats chinois pour laquelle le Club de Paris a pesé de tout son poids pour démêler l’écheveau. Maintenant, les partenaires au développement évoquent ouvertement le problème que pose la revisitation de deux contrats miniers – TFM (dans lequel est engagée l’américaine Freeport McMoran) et KMT (avec la canadienne First Quantum Minerals). La délivrance du certificat d’un bon climat des affaires passe par le maintient en l’état de ces deux contrats miniers qui permettront, selon certaines analyses, à l’Occident de contrebalancer la percée de la Chine en RD Congo. L’enjeu étant bien entendu le contrôle des fabuleuses ressources naturelles que regorge ce pays. Qu’en sera-t-il demain si Kinshasa renonce à la révisitation des contrats miniers conclus au bénéfice des intérêts américains et canadiens ? C’est au FMI et à la BM de répondre après la revue du PEG II. Ces milieux font miroiter le spectre de l’annulation des 9 milliards de dollars de dette sur un total de 12 milliards de dollars US à devoir.
