La signature le jeudi 15 juillet 2010 d’un Protocole d’accord entre le gouvernement et l’Intersyndicale de l’administration publique n’a pas eu d’effet escompté. Dès le lendemain, les fonctionnaires en colère n’ont pas suspendu la grève comme demandée par l’Intersyndicale.
Déterminés, motivés plus qu’avant et encadrés par les syndicats indépendants de l’administration publique, ils se sont dirigés le mardi 19 juillet 2010 à la présidence de la République où ils ont soumis leurs doléances au Président de la République, Joseph Kabila.
Deux raisons ont motivé leur démarche. Primo, l’absence de communication entre les syndicats signataires du protocole d’accord et la base qui attend toujours la restitution des travaux de la part des personnes mandatées; secundo, le peu de résultat obtenu de la négociation avec le gouvernement.
C’est dans ce contexte que le mot d’ordre de suspension de la grève – qui court depuis le 04 juin dernier – n’a pas été suivi d’effet. Ainsi, les syndicats indépendants du secteur ont développé une critique contre le contenu du protocole d’accord signé par leurs camarades de l’Intersyndicale avec le gouvernement. Le 15 juillet 2010, en effet, le premier ministre Adoplhe Muzito, entouré des ministres Matata Ponyo des Finances, Ntahwa Kuderwa du Budget et Upira Sunguma de la Fonction publique ont conclu la négociation par la signature d’un protocole d’accord avec les syndicats Cgsp, Cosap, Csap, Ispen, Ispe, Ussp, Csp, Cossep et le Cosel.
La plupart des revendications contenues dans les cahiers de charges des deux centrales n’auraient pas trouvé un écho favorable. A preuve, la principale revendication – celle concernant l’application de la grille barémique (suivant l’indice de 1 à 10) sur base du salaire payé aux Secrétaires généraux de l’administration publique – a accouché d’une souri. Depuis le début de l’exercice budgétaire 2010, le gouvernement alloue aux chefs de l’administration publique un salaire de 936.000 francs congolais (soit 1.040 dollars américains) contre celui de 60.000 FC (66,67 dollars Us) qu’ils touchaient auparavant.
En réponse à cette demande syndicale, le gouvernement a accordé – à titre exceptionnel – une allocation mensuelle de transport qui se chiffre à 8.000 FC (8,89 USD) par personne. En sont bénéficiaires tous les cadres et agents de l’Etat de la ville de Kinshasa, indistinctement. En réaction à ce qu’ils qualifient de supercherie, le Syeco et le Synecat – deux plus importants syndicats parmi le groupe des indépendants – ont demandé aux grévistes de poursuivre l’arrêt de travail, et de porter leur problème aux oreilles du président de la République, chef de l’Etat, premier fonctionnaire. « L’accord de Mbudi » qui devrait améliorer les conditions de travail des grévistes reste toujours un objectif à atteindre dans le long terme, insiste le gouvernement.