Cela fait deux mois que l’on remarque un phénomène nouveau dans les rues de Kinshasa avec des « cambistes debout » qu’on retrouve essentiellement dans les arrêts de bus et les grands carrefours au Centre ville, Rond point Victoire, Super Lemba, Rond point Ngaba…Ces « cambistes debout » sont constitués essentiellement des jeunes garçons de 20 à 30 ans qui proposent des billets de 50, 100 et 200 Francs congolais aux usagers de la route, principalement les chauffeurs de taxi, taxi-bus et bus.
En contrepartie, ils bénéficient de 10% du montant échangé. Leur présence dans les rues de la capitale se justifie entre autre par la rareté des billets de 50 et 100 Francs congolais lors du payement des tickets dans les transports en commun. Pour pallier à cette situation, les cambistes debout mettent à la disposition des conducteurs des billets souvent usés.
Concernant la source de provenance de ces billets, l’un d’entre eux, croisé devant l’Hôtel de Poste nous a confié qu’ils sont alimentés au « Couloir » au grand Marché de Kinshasa où s’approvisionnent d’ailleurs tous les cambistes du Centre-ville et de la cité.
La spécialité de ces « cambistes debout » est qu’ils n’échangent pas les dollars américains ni d’autres monnaies étrangères mais se limitent aux petites coupures de Francs congolais. De leur côté, les conducteurs, premiers bénéficiaires de cette opération, n’hésitent pas de se plaindre du taux élevé du discount (10%). Pour l’un d’entre eux, croisé sur le Boulevard du 30 juin, les patrons des véhicules ne tiennent pas compte de toutes ces sommes laissées entre les mains des « cambistes debout » ni des amendes payées à la police…
Par conséquent, cette nouvelle charge qui facilite le rapport entre conducteurs et clients surtout aux premières heures de la journée est ressentie comme un lourd fardeau aux yeux des chauffeurs.
A ce jour, cette nouvelle pratique n’est pas encore réglementée ni taxée. Une chose est vraie, elle porte atteinte à l’image de la monnaie congolaise et contribue davantage à sa destruction vu les mauvaises conditions d’exposition : sous le soleil, au contact de la poussière et des manipulations permanentes.
Les autorités de la ville ont une part de responsabilité dans l’encadrement de cette nouvelle pratique qui profite à un groupe de jeunes gens à la recherche de l’emploi.