La place du 30 Juin : nouveau site d’attraction des Kinois

La Place du 30 Juin à la Gare Centrale ressemble depuis peu à un site touristique attirant chaque jour des milliers de visiteurs de tous les âges : enfants, jeunes, vieux… Dans ce lot, on dénombre plusieurs touristes et des étrangers venus commémorer les festivités du 30 juin ou passer les vacances à Kinshasa.

En effet, la beauté et la propreté de la Place du 30 Juin contraste étrangement à l’image de cette place autrefois carrefour des transports en commun en provenance de toutes les communes de la capitale, marché de vente des œuvres d’art et coin de refuge des enfants dits « de la rue » et des voleurs. Aujourd’hui modernisé, ce site redonne de la valeur au monument daté de l’époque coloniale qui était abandonné et transformé en repaire des « enfants de la rue ». Désormais, le monument n’est plus situé au rond point mais fait partie du site réhabilité. Il attire de milliers de visiteurs qui viennent s’y photographier.

En plus du monument, l’autre attraction de ce site est le vaste espace qu’occupe le jet d’eau aux multiples couleurs, la terrasse et le placard commémorative de la Place du 30 Juin en face du bâtiment de la Garde Centrale. On ne peut visiter ce site sans passer par le placard et s’y photographier pour immortaliser le « pélerinage » dans ce site.

En plus du site, les visiteurs contemplent avec curiosité le building de 29 étages de Rakeen Congo en pleine construction. Après un arrêt de travail dû aux problèmes de gestion, les travaux de ce bâtiment qui va abriter des appartements de luxe et des salles de conférence ont repris et se situent au sixième niveau.

Sur la Place du 30 juin, pendant ce temps, les rayons solaires sont balayés par un vent sec transportant des vagues de poussières soulevées par les véhicules qui longent ce site. Certains descendent vers le Bon Marché en passant par l’avenue Kabasele Tshamala, d’autres s’enfoncent vers le Beach Ngobila ou la route des Poids Lourds vers la zone industrielle de Limete/Kingabwa. Mais, personne à bord des véhicules ne rate ce spectacle émouvant après cinquante ans d’indépendance.

Pour garder ce site en bon état, la société « Miss Propre » dont le siège est situé sur le Boulevard du 30 Juin à côté du cimetière de la Gombe a placé des gardiens postés autour de la Place du 30 Juin. Des bacs à ordures ont été également aménagés frappés du sceau de l’Hôtel de ville. Les gardiens veillent au grain pour éviter des dérapages éventuels. Leur présence rassure bon nombre de visiteurs sur la prise en charge de ce site. L’une d’elles, Nadine Tabu, étudiante, nous a confié : « Nous remarquons à travers cette œuvre que le Congo commence à ressembler aux autres pays que nous voyons dans les films ». Et d’ajouter : « Il faut que l’Etat veille à la propreté de ce lieu pour qu’il ne perde pas sa beauté ».

Pour Debel Nakweti, superviseur de la Place du 30 juin, la balle est renvoyée dans le camp des visiteurs. Il pense que la responsabilité de la propreté est partagée dans ce sens que les visiteurs doivent aussi avoir cette culture de la propreté. « Nous remarquons que certains visiteurs jettent ça et là des papiers et autres déchets alors qu’il y a des poubelles dans tous les coins », déclare ce superviseur en insistant que cela fait partie des difficultés rencontrées, hors mis d’autres tracasseries de la part des policiers et handicapés de la Gare Centrale surtout pendant les heures du nettoyage fixées de 6 heures à 11 heures.

Dans le cadre de l’organisation du nettoyage, Debel Nakweti nous a fait remarquer que l’entretien du lieu est assuré par des journaliers constitués en grande partie des enfants communément appelés «schegués », qui perçoivent une somme de 2500 francs congolais par personne. Cette pratique n’est pas du tout appréciée par bon nombre de visiteurs à l’instar de Freddy Mwanza, humanitaire, qui a souhaité la création d’une association ou d’une entreprise pour l’entretien de ce lieu. « C’est une belle initiative, une première pour la population congolaise, alors il ne faut pas que l’on confie son entretien aux journaliers, aux schegués…mais à une entreprise comme on voit dans d’autres pays, avec des gens engagés et qui prennent cela comme un métier », a-t-il déclaré.

Le jet d’eau, très attirant !

Notre observation  de près de deux heures, nous pousse à affirmer que la plupart de visiteurs sont attirés par le jet d’eau. Cela s’est confirmé aussi par quelques témoignages recueillis sur place. Peu sont ceux qui s’intéressent à la plaque commémorative placée en face de l’entrée principale de la Gare Centrale.

Pour Mme Bebeta, vivant en Angola, en dehors des autres paysages, le jet d’eau joue un grand rôle sur la beauté du site. Il y a lieu de signaler que depuis mardi dernier, ceux qui sont attirés par ce jeu d’eau sont très insatisfaits de constater son arrêt suite à une panne d’un dispositif lors d’un incident créé par un policier au niveau de la Gare Centrale. D’après un plombier trouvé sur le lieu, la panne a déjà été détectée et le lancement de ce jet d’eau sera effectué incessamment.

Le  rafraîchissement, deuxième facteur qui attire les visiteurs dans ce site. A en croire le superviseur Debel Nakweti, cette idée est venue des visiteurs qui passaient presque tout leur temps dans ce lieu sans boire ni manger. Pour lui, ce n’est ni une terrasse, ni un restaurant mais un simple coin pour se rafraîchir.

Ils proposent des boissons gazeuses à 700 francs congolais, du lait caillé à 800 Fc, de l’eau minérale de 500 ml à 500 Fc et des biscuits à 100 Fc. Ce service interdit tout vendeur ambulant d’accéder au lieu pour exercer le commerce.

Les photographes en font fortune

La photographie, une activité principale des visiteurs de la place du 30 juin. Certains parmi eux se photographient avec leurs propres appareils photos et d’autres recourent aux photographes se trouvant sur le lieu. La carte de photo format 10 x 15 est vendue à 800 FC ou 1200 FC selon qu’il s’agit de la photo à la minute ou à retirer après deux ou trois jours.

La négociation se fait sur base du travail déjà rendu. Le photographe est obligé de montrer aux clients potentiels des photos déjà réalisées et ces derniers apprécient s’il faut solder le montant ou payer une avance. La politique de solder le montant n’est pas toujours préférée de la plupart de clients qui ne font pas confiance à certains photographes.

« J’ai payé la somme de 1500 francs congolais pour la photo minute, le photographe m’a promis la carte dans deux minutes et voilà que ça fait plus de deux heures depuis que je l’attends », fait savoir une dame désespérée en attente de sa photo.

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