Miba : l’asphyxie se poursuit

Les malheurs de la Minière de Bakwanga s’accumulent. Plus de 9 hectares de sa propriété lotis en toute illégalité. Inacceptable !

Actuellement, le fleuron de l’économie du Grand Kasaï est dans un coma profond. Des solutions proposées par le chef de l’Etat et le gouvernement sont en voie d’être matérialisées. Selon des sources dignes de foi, BBle Premier ministre aurait réuni autour de lui, les ministres concernés par la libération effective de plus de 30 millions USD consacrés à la relance de la Miba, au courant de la semaine écoulée.

Pendant ce temps, la quiétude qui devrait caractérisée cette société est troublée par l’acharnement dont elle est victime. Le lotissement Mintembela ou quartier des sénateurs est d’ailleurs au cœur des préoccupations actuellement. Le personnel et la haute direction de la société d’économie mixte forment depuis un bloc pour dénoncer «les manœuvres extérieures tendant à dépouiller la société de ses actifs fonciers et miniers à la faveur de ses difficultés actuelles».

Le différend tire son origine de la rétrocession par l’ancien PAD Paul Kabongo Fuila d’une concession de la Miba portant le numéro SU 4046. Les manifestations de protestation organisées par les élèves de l’école ESGTK ont amené à des investigations qui ont fait ressortir l’illégalité de l’opération. L’audit diligenté à la Miba a mis en exergue des irrégularités notamment sur l’organe compétent pour opérer une rétrocession. En fait, le PAD de la Miba ne peut pas se substituer au conseil d’administration pour prendre pareille décision. Conformément aux statuts de la Miba, les actes de dispositions immobilières sont du ressort exclusif du conseil d’administration. Le PAD Paul Kabongo, dans l’éventualité où il aurait agi dans ce sens, ce fut dans l’irrégularité flagrante. La décision de rétrocession ne pouvait qu’être frappée d’invalidité. Par ailleurs, il se constate que le lotissement querellé en lui-même, va au-delà des limites rétrocédées. En lieu et place 4 hectares, 85 ares et 76 centiares rétrocédés, le lotissement est de 5 hectares, 59 ares, 25 centiares sur l’arrêté. En réalité, le lotissement porte sur 9 hectares, 57 ares et 81 centiares. Le dépassement est de l’ordre de 4 hectares, 72 ares et 5 centiares.

Aussi, le PAD ad intérim, a-t-elle signifié à l’autorité provinciale au cours des réunions de sécurité provinciale la position de sa société avec promesse de saisir le conseil d’administration à ce sujet. Pendant ce temps, l’autorité provinciale rechignait toujours à notifier à la Miba l’arrêté de lotissement de son patrimoine foncier, privant à cette société de faire recours. La demande introduite le 10 juillet 2009 n’a eu de réponse que huit mois et demi après la prise de l’arrêté, soit le 23 décembre 2009.

En plus des irrégularités flagrantes portant sur la rétrocession elle-même, il se constate aussi que ladite lettre est également suspecte. Elle est datée du 03 avril 2009, aucune copie n’est réservée aux responsables internes à la Miba, notamment l’ADGA, les actionnaires, le conseil d’administration. La lettre serait déposée au conseiller juridique de la Miba le 17 juillet 2010, le jour de la remise et reprise entre le PAD Paul Kabongo et son successeur Tusse. Et pourtant, le PAD Paul Kabongo était relevé de ses fonctions déjà le 10 avril 2010. La transmission de ladite lettre au gouvernorat est aussi entachée d’irrégularités. La date de la publication de l’arrêté, le 08 avril 2009, est antérieure à la date de la réception par le gouvernorat de la lettre de rétrocession, le 17 avril 2009 ! D’où l’intime conviction des autorités de la Miba «qu’il s’agit d’un faux en écriture manifeste». D’ailleurs, dans la précipitation, le plan du lotissement, signé par le gouverneur le trahit davantage. Il a été établi le 07 avril 2010, avant même que la province ne soit saisie de la rétrocession. Partant du principe « la fraude corrompt tout », la Miba s’est vu dans le devoir de ne pas céder à ces manœuvres. VREFUS D’OBTEMPERER

Dans cet environnement vicié, le cabinet du président de la république ne pouvait rester indifférent. Dans une correspondance adressée au gouverneur de province du Kasaï Oriental, datée du 12 juillet 2010, le directeur de cabinet du chef de l’Etat a demandé au gouverneur de rapporter ses arrêtés, «en vue de préserver le patrimoine de la Miba qui ne peut être spolié au moment où les pouvoirs publics recherchent des voies et moyens pour la relance des activités de cette économie mixte».

Contre toute attente, au lieu de se plier aux orientations du cabinet du chef de l’Etat, une campagne médiatique est orchestrée mettant en mal la haute direction de la Miba ainsi que la ministre du Portefeuille.

LES BENEFICIAIRES

Fallait-il ériger un nouvel hôtel de gouvernement là où il était préalablement prévu l’extension d’une école ? Que ferait-on du bâtiment construit par l’ancien gouverneur Dominique Kanku construit lui aussi en brique en terre ? Les réponses à ces interrogations, sans doute dans la liste des bénéficiaires sur le lotissement, dont la bonne foi est abusée.

Les noms des personnalités impliquées dans l’affaire laissent penser qu’ils n’ont pas été suffisamment informées des tenants et aboutissants. Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, les ministres Basengezi, Kisimba Maj, Lushiku et les sénateurs She Okitundu et Tshimbombo, les députés Willy Kankenie, …, se sont vus attribuer des parcelles dans ce lotissement.

Certainement pour justifier le forfait. Pour autant, l’obligation leur sera faite d’y renoncer au profit de l’intérêt supérieur de la survie de la Miba.

Par: Média Congo
© 2010 Magazine Entreprendre