Point d’achèvement : Inquiétudes sur l’affectation des fonds autrefois destinés à la dette

Depuis le 30 juin de l’année en cours, date historique de la célébration du cinquantième anniversaire de l’accession à l’indépendance de  la RD Congo, le pays  a atteint le point d’achèvement qui a pour bénéfice l’annulation de 90% de sa dette vis-à-vis de la communauté internationale. Cette mesure permet entre autre à la RD Congo de contracter des nouvelles dettes.

Le thème intitulé : « Le point d’achèvement  et ses implications socio-économiques » a fait l’objet de la conférence hebdomadaire de Synergy-Group de ce vendredi 09 juillet. A cette question d’actualité, les participants ont pensé que l’atteinte du point d’achèvement n’avancera en rien le pays, faisant ainsi allusion aux autres pays africains qui ont déjà bénéficié de cette mesure de la part de la Communauté internationale et dont les populations continuent à vivre dans la pauvreté.

Il s’avère urgent de commencer par un changement des mentalités pour rendre palpables les bienfaits de cette mesure dans le secteur socio-économique.  « Le point d’achèvement c’est une très bonne chose mais si les mentalités restent les mêmes cela ne servira à rien », a commenté l’ingénieur Laurel Pungu. Voilà comment se décline la crainte d’un des participants à cette conférence qui estime que c’est le moment de sensibiliser et de veiller sur les actes des ministres pour voir si réellement ces fonds qui servaient hier au remboursement de la dette vont, aujourd’hui, être affectés  au financement des projets socio-économiques existant sans passer par les poches de certaines autorités.

Cet argument a été aussi soutenu par le Chef de l’Etat qui, dans son discours saluant cette performance, a promis d’être rigoureux en matière d’endettement. Déjà, les sources proches du Premier Ministre ont renseigné que ce dernier prévoit un réaménagement de son programme de Gouvernement pour l’adapter à cette nouvelle donne. Des pressions de plus en plus intenses demandent également que le Budget 2010 soit revu à la hausse pour intégrer les ressources (50 millions par mois) autrefois affectées au service de la dette.

Les attentes

La mise en place des projets sociaux revêt une importance capitale pour la visibilité des implications du point d’achèvement en RD Congo, notamment quand on sait le degré de pauvreté à travers le pays après des années de guerre et d’instabilité.

Etant donné que cette mesure donne la possibilité à la RD Congo de contracter d’autres dettes, il y a moyen d’avoir autant d’argent pour développer l’économie du pays :poursuivre avec la réhabilitation et la construction des infrastructures et développer l’industrie grâce à des capitaux frais. Tenez, pour la réhabilitation de ses infrastructures détruites pendant la guerre avec les Américains, l’Irak a sollicité auprès de l’Union européenne 100 milliards USD. La régularisation du fameux barème dit de « Mbudi » entre dans les attentes des plusieurs congolais, d’où, selon une opinion, la révision du budget 2010 s’impose.

L’Etat congolais doit dans ce cas mettre en place des programmes économiques dignes en vue de stimuler l’économie, sachant que la dette n’est pas totalement effacée mais allégée. « Il doit, pour ce faire, créer les emplois générateurs des revenus et permettant aux salariés d’épargner», a souligné un intervenant qui a, en outre, suggéré la réhabilitation des infrastructures de base qui ont aussi une implication conséquente sur l’économie nationale. A cela, s’ajoute l’assainissement du climat des affaires.

« L’Etat doit mettre en place un cadre propice permettant l’attraction des investissements internationaux », a-t-il ajouté, recommandant cependant à l’Etat d’avoir des ressources palliatives. Pour lui, au lieu que l’Etat s’accroche seulement au secteur minier, il doit aussi développer l’agriculture et pourquoi pas le tourisme qui constituent les vecteurs de l’économie nationale.

Par: Yollande L. Lumpovedi
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