RD Congo : le boom immobilier est-il soutenu par le terrorisme international ?

Dans les milieux sécuritaires africains et occidentaux, l’on s’interroge sur le fulgurant élan pris par le taux de croissance enregistré dans le secteur de l’immobilier au Congo-Kinshasa.

Dans un pays réputé pauvre auprès des bailleurs et donateurs étrangers du fait que les habitants vivent avec moins d’un dollar US par jour et par personne, la question légitime que l’on se pose est celle de savoir qui sont ces promoteurs immobiliers, d’ou proviennent les fonds qui financent la construction des  immeubles à plusieurs étages aussi bien à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays.

En début d’année, lors d’une matinée fiscale animée par le ministre des Finances, Matata Ponyo, a l’attention des opérateurs économiques congolais sur le bien fondé du doublement des recettes fiscales, l’administrateur délégué de la FEC (patronat privé) avait laissé entendre qu’il circulait de l’argent évalué à près de 15 milliards de dollars dans le secteur informel de l’économie congolaise.

A l’en croire, c’est des fonds qui échappent à tout contrôle des autorités compétentes, et que le gouvernement congolais avait tout intérêt à regarder aussi de ce côté-là pour renflouer le Trésor public. Des fonds de l’ordre de 15 milliards de dollars contre un budget de l’Etat de plus de 5 milliards de dollars (exercice 2010), il y a de quoi s’interroger et chercher à connaître leurs mouvements et les activités que ces capitaux financent.

En l’absence de réaction de la part du Congo, ce sont ses voisins géographiques et autres partenaires occidentaux qui s’inquiètent. Des analyses émanant de leurs services de renseignements, il se murmurent que les capitaux en mouvement à l’intérieur du Congo seraient d’origine douteuse. Deuxièmement, ces services sont d’avis que l’existence au Congo d’un Etat faible – qui ne maîtrise pas de manière satisfaisante les 9 frontières – laisse libre cours aux mouvements incessants d’allers et venues d’hommes d’affaires peu scrupuleux, désireux de blanchir leurs avoirs liquides.

Le site www.lemillenaireinfoplus.com/ rapporte dans l’une de ses livraisons que pour les services occidentaux basés en Ethiopie, Ouganda, Kenya et Rwanda, « la survie des réseaux Alqaeda dépend des mouvements des capitaux qui sont fructifiés ou blanchis dans plusieurs pays de la région de l’Est de l’Afrique ».

Notre source indique à ce sujet que « la RD Congo est pointée du doigt comme un espace favorable à ce genre de business. Bien d’hommes d’affaires Libanais, Pakistanais, Somaliens, Soudanais, Kenyans, Ethiopiens travailleraient avec des fonds suspectés provenir de la nébuleuse Alqaeda ».

Actuellement, nous dit la source, « les mêmes services occidentaux enquêteraient sur des fonds logés dans certaines banques et institutions financières de Kinshasa et qui seraient à la base du boum immobilier qui ne s’explique pas en ce temps de crise et de pauvreté ».

A en croire les sources sécuritaires américaines contactées par lemillenaireinfoplus.com, l’Est de la RD Congo serait devenu le bastion du blanchissement de la salle monnaie. Les circuits du ravitaillement en produits pétroliers, les financements des carrières d’or et des diamants (Kivu et province Orientale), l’achat des minerais produits par des exploitants artisanaux (mitrailles, cobalt et cuivre au Katanga), seraient actuellement financés à 80 % par des fonds suspects, qualifiés de toxiques par les renseignements occidentaux.

Selon cette analyse, le principe financier du terrorisme c’est d’investir dans du business à rentabilité immédiate. De ce point de vue, l’Est de la RD Congo présenterait des atouts favorables avec ses bois, diamant, or, coltan, uranium, pointes d’ivoires, etc.

Des produits fortement sollicités et à rentabilité élevée, soulignent les spécialistes des renseignements occidentaux. Ces experts relèvent que  la pauvreté endémique de la population congolaise et l’absence d’autorité politique et administrative en général – et particulièrement dans l’Est de la RD Congo – seraient à la base de cette situation qui inquiète au plus haut point les pays de la région et les partenaires occidentaux. « Il est inquiétant de voir la facilité avec laquelle des pseudo investisseurs – souvent d’origines arabe et indopakistanaise – reçoivent des visas d’entrée dans l’Est du Congo sans qu’aucune fiche de renseignements ne soit établie, de manière détaillée à leurs sujets : capacité financière, origines et mouvements des fonds, relations et contacts de l’intéressé au pays et à l’étranger, constatent les services africains et occidentaux.

Face au défi sécuritaire que pose le terrorisme mondial au Congo, la tâche d’investigation par les renseignements occidentaux devient difficile par ce que des partenariats d’affaires ont été établis avec des Congolais parmi lesquelles certaines hautes autorités politico-militaires. Quelques noms seraient même listés, rapporte notre source.

Par: R.Y.
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