Jusqu’où la RDC jouera dans le plan des autres ?
La construction du barrage de Kakobola pourra se réaliser dans les prochains jours après le protocole de crédit signé entre la RDC et Export-Import Bank of India. Ce projet, qui date de plusieurs années, a souffert pendant des années de l’absence d’une politique managériale du Gouvernement pour promouvoir le secteur énergétique en exploitant les différences ressources dont le pays est doté.
Mais, le protocole d’accord ainsi signé remet sur le tapis la préoccupation maintes fois exprimée de voir la RDC régulièrement jouer dans les plans des autres. Les 42 millions arrêtés par Exim Bank sont une illustration de plus des montants libérés sans que l’on ne connaisse la valeur exacte des apports : les prix des équipements, l’expertise de ceux qui l’utilisent, son efficacité par rapport aux besoins du Congo.
Bref, qui a dit que 42 millions suffiront pour réaliser cet ouvrage. Ne coûterait-il pas moins que cela si les experts congolais ou d’autres pays s’impliquaient dans ce dossier. Qui a fait l’étude, qui a produit l’étude de faisabilité, qui fournit les équipements, qui monte les équipements et quelles sont les garanties ?
Avec un taux d’intérêt de 1,75% pour un délai d’exécution de 3 ans et un délai de grâce de 5 ans, la construction du barrage de Kakobola est une opportunité pour les hommes d’affaires indiens d’investir dans ce secteur stratégique très disputé et qui est au centre des intérêts des Etats de l’Afrique australe (SADC). Mais, à la vérité cet investissement est de nature à pousser les exportations des biens et techniques surévalués de l’Inde vers la RDC. Le président Mobutu l’avait dénoncé dans son discours le 04 octobre 1973 devant la tribune de l’ONU en ces termes : « Si on examine bien, on constate paradoxalement, l’assistance profite avant tout au pays donateur. En effet, quelles sont les formes d’assistance ? On peut en distinguer notamment trois : les bourses d’études pour les étudiants, l’assistance en personnel ; l’assistance financière ».
Depuis, le schéma a difficile à changer tant la RDC comme la plupart de pays en voie de développement ne tient pas toujours à prendre en main son destin, ne fut-ce qu’en balisant les pistes de son avenir sur le plan économique, social… Un véritable défi que les autres pays ne sauraient relever à notre place.
On l’a vu dernièrement sous la transition avec d’autres investissements comme les bus Tata (500) importés pour la mise sur pied de l’entreprise Stuc, tombée en faillite. Certes, plusieurs pesanteurs ont fait que le fonctionnement normal de cette entreprise de transport en commun soit handicapé, notamment l’état défectueux des routes, le transport des militaires, la difficulté d’importer les pièces de rechange… mais au-delà de tout cela, le Congo doit cesser de subir les plans des autres mais plutôt identifier clairement ses besoins, les évaluer et élaborer un plan avant de lancer des appels d’offres internationaux pour leurs réalisations.