Infrastructures : des routes sans plan !

L’intention exprimée du ministre des Infrastructures d’explorer des stratégies de déploiement des routes dans les provinces a été saluée dans l’opinion. Mais, cette initiative risque de ne pas se réaliser faute d’un Plan Général d’Aménagement du Territoire National.

D’aucuns encouragent, en effet, le ministre à sortir des sentiers battus avec des solutions « courtermistes » qui n’accouchent que des éléphants blancs comme sous la Deuxième République. Ces solutions, on l’a vu ces dernières années finissent par s’annuler avec le temps et laisser le pays sans infrastructures.

A la place, le temps est venu de doter le Congo d’un véritable Plan d’aménagement qui s’étendra dans le temps et dans l’espace pour permettre à tous les Congolais d’en bénéficier contrairement aux critiques adressées aux Cinq chantiers qui ne semblent toucher certaines provinces au profit des autres.

Ce Plan aura la mission d’intégrer les besoins de chaque province, d’accélérer l’interconnexion entre entités, de favoriser le développement des infrastructures dans les zones vitales pour le développement de l’économie nationale. Il permettra également de donner plus de visibilité aux initiatives publiques et privées en faveur d’un développement intégré. Le Congo a besoin d’une architecture intégrée pour promouvoir sa croissance et renforcer le sentiment national fortement entamé par l’influence des pays frontaliers qui ont profit de la faiblesse de l’Etat congolais pour nouer des relations commerciales avec les populations. Depuis, des pans entiers de la République échappent au fisc, utilisent des monnaies étrangères pour leurs transactions…Le cas de l’Ituri dans la Province Orientale avec le Shilling et le Bas-Congo avec le Fcfa où les populations font toutes leurs transactions en se référant aux pays limitrophes.

Ce comportement, maintes fois décrié est à la base de l’érosion des ressources financières dont le Gouvernement a besoin pour financer la reconstruction nationale. Mieux, il empêche la constitution de vraies statistiques pour capturer en temps réel l’activité économique dans le pays. Et pourtant aucun développement n’est possible sans la maîtrise des chiffres.

Le ministre des Infrastructures ferait œuvre utile en se démarquant avec un Plan général que les analystes économiques invoquent depuis des mois sans que le Gouvernement ne s’arrête pour y réfléchir profondément.

Par: E.N.
© 2010 Magazine Entreprendre