RDC : Initier une réflexion interne sur l’avenir de l’agriculture

Considérée comme la principale source de richesse après les mines, l’agriculture en RDC tarde à se développer faute d’un plan, d’une vision et d’une politique nationale. C’est profitant de cette faiblesse longtemps décriée que les partenaires extérieurs à l’image des Américains de l’USAID saisissent l’opportunité pour initier une marche à suivre aux autorités congolaises. C’est dans cet esprit qu’on peut relever leur décision de confier à une firme américaine, Booz Allen Hamilton, spécialisée en Consulting, de mener une étude sur « le diagnostic de la réforme institutionnelle, légale et commerciale de l’agro-industrie en RDC(AGCLIR) ». Le plus étonnant dans cette démarche est que c’est à l’Usaid de réfléchir sur l’agriculture congolaise. De deux, le travail est confié à un cabinet américain au moment où il existe une expertise locale en la matière. De trois, faudra-t-il combien de temps encore aux Congolais pour sortir de l’esclavage de la pensée des autres. Pour les observateurs avertis, ces partenaires ont des objectifs propres à eux, notamment étudier comment introduire, dans les prochains mois, les Organismes génétiquement modifiés (OGEM) pour donner massivement à manger aux populations congolaises. Cela pendant qu’il se déroule à travers le monde un débat houleux sur le bien-fondé de l’utilisation des OGEM dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Certes, la production alimentaire va augmenter mais rien ne rassure sur la qualité de ces produits concernant leur impact sur la santé des consommateurs. Sans écarter la nécessité de réfléchir sur l’agriculture congolaise, il est, néanmoins, important de noter que le Gouvernement congolais doit prendre le plus tôt possible ses responsabilités en initiant des réflexions autour de l’agriculture en RDCongo, le pays étant doté des vastes surfaces arables jusque-là inexploitées ou abandonnées à l’agriculture traditionnelle. Cette manière de faire les choses a pour conséquence directe la sous-exploitation de ce secteur qui aurait pu rapporter d’importantes devises au pays avec l’exportation en cette période de crise alimentaire. L’heure est donc à la prise de conscience pour rebooster ce secteur au lieu de le laisser à la seule volonté des partenaires extérieurs. Yollande L.

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