Banques : relancer la Poste et la Cadeco pour développer les services financiers

Le siège de la Banque congolaise à Kinshasa

Les banques passent pour l’un des secteurs en pleine relance dans l’économie congolaise. On dénombre une vingtaine d’institutions créées grâce au vent de la libéralisation mais qui sont dominées par des capitaux étrangers.

On parle de plus en plus du phénomène de la «communautarisation des banques» (juive, indienne, russe, béninoise, camerounaise…). Bref, les différentes communautés étrangères présentes dans le secteur économique se dotent chacune d’une institution bancaire pour faciliter leurs transactions, notamment l’expatriation des ressources financières vu qu’elles ne trouvent pas sur place des projets viables pour consommer leurs épargnes.

A ce sujet, l’absence des opérateurs économiques congolais devrait interpeller le Gouvernement. Il doit penser à des mécanismes incitatifs pour encourager les nationaux à se lancer dans ce secteur. Sur cette voie, le déficit en expertise du personnel congolais devrait être corrigé et des banques à projet comme ce fut le cas de la Sofide, de la Banque de crédit agricole… devraient être relancées.

Les opérateurs devraient se spécialiser dans les domaines miniers, forestiers… Dans ce sens, l’installation de Fibank dans la zone minière de Tshikapa au Kasaï-Occidental a été bien accueillie par les populations. BIC, de son côté, ne s’est pas fait prier pour aller à Goma dans le Nord-Kivu. D’autres acteurs peuvent les suivre et couvrir le territoire national autant que les sociétés de télécommunications l’ont fait, reliant les populations du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.

De même, l’architecture légale en matière bancaire a besoin d’être parachevée pour garantir les intérêts des opérateurs potentiels et promouvoir l’économie domestique. Surtout que la technologie est à notre portée et permet d’atteindre les citoyens de l’intérieur du pays.

Ces populations étaient autrefois bien servies grâce au réseau de la Poste et de la Cadeco présentes sur l’ensemble du territoire congolais. Ce service peut être redéployé moyennant un investissement peu coûteux qui créera de milliers d’emplois et permettra à l’Etat de renflouer ses caisses.

De la sorte, les services financiers universels matérialisés par les chèques postaux, la mandats, les crédits… aux populations rurales reboosteront l’économie à la base.

Aujourd’hui, les transactions bancaires se font même via le téléphone. Avec le nouveau Système national de paiement en gestation à la Banque Centrale du Congo, les opérations seront mieux coordonnées et faciliteront la tâche aux populations obligées de disposer de plusieurs cartes bancaires sur le marché. EN

Le siège de la Banque congolaise à Kinshasa

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