Centenaire de la législation minière : La RDC a besoin de relancer la recherche pour la certification de nouveaux gisements miniers

Décembre 1910-Décembre 2010, la législation minière en RDCongo vient de totaliser 100 ans. Pour célébrer cet événement, les autorités du ministère des Mines ont choisi le cadre de l’amphithéâtre de l’Université catholique. Cette journée célébrée le 17 décembre à l’Université catholique de Kinshasa a connu deux temps forts : le discours académique du Coordonnateur de la CTCPM et le mot du Représentant du Ministre des Mines sous la modération du Doyen de la Faculté d’Economie, le Pr Jean-Pierre Mbwebwa.

Devant un parterre d’étudiants et de professeurs, le Coordonnateur de la CTCPM, le Pr Donat Kampata, a planché sur « l’évolution du secteur minier en commençant par la recherche et la production ». Il a brossé la situation du secteur minier, principalement l’évolution du secteur minier de l’époque coloniale à ce jour. L’orateur a mis l’accent sur la certification des ressources minières du sous-sol congolais pour permettre au Gouvernement de lever des capitaux nécessaires pour les investissements et la création des emplois. « Les minerais ne deviennent une richesse qu’une fois exploités et les prix discutés », a-t-il expliqué.

CERTIFIER LES INDICES CONNUS

La valeur d’un minerai est fonction du profit qu’on tire du rapport entre les coûts de production et de vente. Elle tient aussi compte de la teneur (concentré du minerai ou chimique), de son poids et de sa capacité à répondre aux intérêts du marché. La recherche doit se poursuivre pour certifier les indices connus pour des prospections profondes qui permettront de connaître les volumes et attirer les investisseurs potentiels.

L’Etat s’appuyant sur la cartographie laissée par les Belges, les réserves connues sont depuis quelques mois entièrement sous le contrôle des privés. Cette situation, a-t-il expliqué, est la conséquence de la négligence des grandes sociétés telles que la Miba, la Gécamines qui ont focalisé toute leur action sur l’exploitation et la commercialisation des matières premières oubliant d’investir dans la recherche pour l’avenir.

BANQUE DE DONNES FIABLES

Grâce à la recherche, la RDC pourra disposer d’une banque de données fiables pour orienter les investisseurs potentiels au lieu qu’ils continuent à aller à Tervuren en Belgique chercher des informations datant de l’époque coloniale.

De deux, il faudra encourager les sociétés qui détiennent des permis de recherche à les transformer en permis d’exploitation. De nombreux investisseurs se limitent aux permis de recherche. Et une fois le trésor découvert, s’empressent dans les bourses pour vendre leurs carrés miniers. Or, l’exploitation permettra de créer des emplois, de récolter des taxes, de bâtir dans le secteur social (écoles, hôpitaux…) et de veiller sur l’environnement.

Autre mesure importante, c’est d’amener les exploitants artisanaux (près de 3 millions) à se constituer en coopérative minière. De même, le ministère devra mettre au point le projet de contrat type pour les joint-ventures futures. Ce contrat déterminera au préalable les parts et responsabilités de chaque partie pour éviter les aventures du passé. Un plaidoyer est actuellement fait pour la mise sur pied d’un moratoire pour suspendre les droits et titres miniers qui ne remplissent pas les conditions techniques, financières… pour une exploitation efficiente dans le secteur).

Enfin, des efforts doivent être déployés pour remplacer l’exploitation artisanale par des industries capables de créer la valeur ajoutée de différentes matières extraites du sous-sol congolais. VE

Des chiffres

- 2010-2025 : le Congo produira 1.800.000 tonnes de cuivres pour une valeur de 16 milliards USD contre 309.000 t en 2010. L’Etat ne percevra que 11% du montant soit, 1, 8 milliards USD.

- 140 millions USD : montant requis pour relancer la Miba

- 4008 : nombre de permis de recherche libérés aux entreprises privées

15 : nombre de permis de recherche

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