La RDC a besoin d’un transport multimodal

Le transport en commun reste dominé par les exploitants privés

La situation des transports en RDC laisse à désirer. Et ce, malgré les catastrophes et cartons rouges adressés par les organisations internationales, notamment l’OACI spécialisée dans le transport aérien. Toute la question est de savoir comment le Gouvernement entend voir les Congolais se déplacer tout en veillant au respect des normes.

L

ors de leurs conférences matinales, les agents de Synergy-Group ont décortiqué les différents problèmes liés au transport en RDC, notamment dans ses branches maritime, fluviale, lacustre, aérien, ferroviaire et routières.

Concernant le transport maritime, fluvial et lacustre, il est apparu la nécessité de réhabiliter la voie navigable grâce aux travaux de dragage et le balisage.

Il a été également soulevé l’idée de créer un système de transport fluvial qui prenne en charge les différents opérateurs qui évoluent sur le bief navigable. Sur ce bief, en effet, on enregistre de nombreux accidents dus à l’absence de balisage, à l’ensablement des voies, à la présence des rochers, des arbres et autres obstacles qui ne sont pas évacués.

La sécurité des personnes et des biens est de plus aléatoire. Embarqués dans des baleinières et exposés au vent, à la pluie et aux intempéries, le voyage sur les cours d’eau congolais est de plus difficile et de plus risqué. Il suffit de bâtir une embarcation pour devenir armateur sans pour autant remplir les conditions.

LES RETICENCES

La désorganisation du secteur explique les réticences de la plupart d’investisseurs pour créer des entreprises de transport fluvial, laissant le monopole à l’Office National de Transport (Onatra) en pleine relance et aux armateurs privés qui malheureusement exploitent des embarcations de fortune exposant ainsi les passagers et leurs biens.

Le transport fluvial doit pour cela être professionnaliser avec le recours aux nouvelles technologies (radars) pour jouer pleinement leur rôle dans le transport à bas prix de gros tonnage. Et ce, d’autant plus que le Congo est dominé par des voies navigables (affluents, rivières, lacs…).

La sécurité passe également par la mise hors d’état de nuire de tous les bandits le long du bief navigable qui s’arrange pour voler les balises pour soudoyer les armateurs et leu servir de guide.

Sur le bief maritime, les mêmes problèmes se posent avec la vétusté des quais et la destruction des ports, l’absence de matériels de manutention moderne. D’où, le timing assez long que prennent les chargements et les déchargements des marchandises.

OPERATIONS DE DEDOUANEMENT

A cela, il faut ajouter les opérations de dédouanement avec le Guichet unique qui continue à poser problème rendant longue et ardue les procédures pour libérer les ports.

Concernant les ports, une solution venait d’être trouvée avec la construction d’un port flottant à Banana qui permettra de recevoir les grands tonnages qui arraisonnaient jusque-là à Pointe au Congo Brazzaville avant de ramener les marchandises à Boma ou Matadi par des moyens cargos.

Les lacs pendant ce temps, sont exploités essentiellement par des privés pour la pêche ou pour le transport des personnes et de leurs biens. C’est le cas des lacs Tanganyika, Kivu, Albert, Mai-Ndombe… Très poissonneux, riches en minerais, hydrocarbures (pétrole, gaz méthane) et jouissant d’un atout touristique inexploités, ces lacs doivent être intégrés dans le plan global de développement des transports en RDC.

Lors de la table ronde économique Gouvernement – secteur privé du 08 au 10 septembre 2008, plusieurs recommandations ont été faites pour relever ce secteur. Il s’agit entre autres de mobiliser les ressources pour réhabiliter et renforcer les équipements de dragage, balisage des fleuves et ses affluents, des rivières navigables ainsi que du bief maritime. Ils ont également proposé d’encourager les PPP dans la gestion et la construction des ports maritime, fluvial et lacustre.

DE NOUVEAUX PORTS

Les participants ont plaidé ensuite pour la construction de nouveaux ports et la réalisation des études hydrographiques.

Deux ans après, ces recommandations ont difficile à être mises en pratique, le Gouvernement étant préoccupé par la réforme des entreprises publiques pendant que des financements de la Banque africaine de développement et de la Chine attendent pour être mise à contribution dans la construction du port de Banana.

Le transport aérien victime de la désorganisation

L’état de lieu de ce secteur montre la prédominance des entreprises étrangères et privées dans les lignes extérieures qu’intérieures.

La compagnie nationale Lac étant miné par l’absence d’investissement public. Et pourtant, il y a quelques années cette société desservait pratiquement toutes les lignes intérieures qui représentaient 80% de ses ressources contre 20% tirées des lignes internationales.

Lac est paralysée faute d’une volonté politique de voir la compagnie nationale sortir de ses cendres. L’Etat lui doit 40 millions USD de dettes.

Or, 5 millions USD suffisent pour lui donner un premier souffle avant de le redresser complètement.

Les problèmes de Lac sont un miroir de l’ensemble de sociétés nationales indexées sur le plan international suite au mauvais état des aéronefs, l’absence d’entretien, de balisage dans les aéroports, de guidage au vol… Autant de problèmes qui font que les compagnies étrangères s’imposent systématiquement dans le secteur de l’aviation civile congolaise.

Parmi les propositions qui ont été faites, nous pouvons citer l’accélération de la Réforme du Code de l’Aviation Civile; la redynamisation de la Commission tarifaire et de bradage; l’encouragement des PPP dans la construction et la gestion des installations aéroportuaires et la réhabilitation et la modernisation des aéroports.

LE SECTEUR FERROVIAIRE PARALYSE

Doté à l’époque coloniale de plusieurs réseaux destinés à évacuer les matières premières des colonisateurs, le Congo ne dispose plus que de deux voies stratégiques qui fonctionnent difficilement. Il s’agit de la ligne Kinshasa-Matadi et Lubumbashi-Mwene-Ditu. Ces voies ferrées sont, néanmoins, confrontées au problème de la vétusté des locomotives et des wagons, sans oublier la modernisation des voies ferrées et des gares pour recevoir les passagers et leurs marchandises (entrepôts).

Les gares, en effet, ont perdu tout leur aspect touristique car envahies par les herbes sauvages pendant que les bâtiments datant de l’époque coloniale sont totalement détruites.

Les entreprises qui exploitent ces lignes : l’Onatra et safricas sont confrontées à des problèmes des gestion, de financement…elles sont en pleine trasformation pour devenir de véritables sociétés commerciales.

En attendant toutes ces mutations, ce sont les voyageurs qui font les frais. Ils ont obligés d’attendre des nuits entières dans les gares pour prendre le premier train qui arrive et dont la périodicité n’est dictée par aucun impératif économique ou de temps.

La nouvelle politique en matière de transport ferroviaire devrait privilégier l’interconnexion entre provinces en s’appuyant sur le plan général d’aménagement du territoire national. De deux, il faut penser à la modernisation du matériel de travail et la mise en place d’un management moderne comme on l’a expérimenté à la SNCC avec Sizarail.

V.E.

Entreprendre.
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