Une année s’achève, une autre commence sous des augures prometteurs après des sacrifices faits en 2010 pour accéder à l’Initiative Pays Pauvres Très endettés et pour maintenir les paramètres macro-économiques à leur bon niveau.
Dans cette embellie, la RDC est désormais fréquentable et peut attirer des capitaux nécessaires pour sa reconstruction. Mais, cette démarche doit être le fruit du Plan d’aménagement du territoire national sur lequel doivent s’imbriquer tous les projets de développement futur des différents secteurs de la vie nationale (infrastructures, industries, transport…). Tout se tient et doit procéder de ce plan qui manque cruellement à la RDC. Et pourtant, les investisseurs ne manquent pas et les capitaux circulent à travers le continent à la recherche des investissements sûrs.
LA FAUSSE NOTE DE L’AGOA
Une fausse note, cependant, c’est la décision du président américain Barack Obama d’exclure la RDC de l’Agoa (Africa Growth and Opportunity Act), qui prend en considération les avancées ou les reculs démocratiques des pays concernés (Afrique sub-saharienne). « J’ai déterminé que la RDC n’effectuait pas les progrès nécessaires pour répondre aux critères » de l’AGOA, a indiqué Barack Obama dans un décret. Grâce à ce dispositif, la RDC a pu engranger 300 millions USD en 2009 avec l’exportation des produits miniers, pétroliers, agricoles, et quelques produits finis.
La décision américaine est tombée deux mois après les hésitations du Club de Paris quant au renvoi de l’application de la décision de ses membres d’annuler en 2010 la dette congolaise (9 milliards USD). Malgré leur revirement, les Etats-Unis ont décidé de durcir le ton face à un pays post-conflit qui se bat pour assainir ses finances publiques et améliorer son climat d’affaires.
Face à cette levée de boucliers qui contraste avec les efforts déployés dans le secteur économique, la RDCongo a péché par l’absence d’un plan qui devrait mettre en place des filières pour favoriser la production, mais surtout la commercialisation des produits congolais à l’intérieur et à l’extrérieur. Certes, les Etats-Unis ont brandi des raisons sécuritaires et de respect des droits de l’homme mais la RDC si elle avait une économie forte ne mériterait pas un tel sort au regard du statut privilégié qui est accordé à certains pays émergents de l’Asie dont le comportement en matière des droits de l’homme n’est pas du tout exemplaire.
A l’heure de la mondialisation avec l’ouverture du marché international, l’exclusion d’une plate-forme ou d’une autre devrait être interprétée comme une limitation du commerce et une interpellation pour les dirigeants congolais sensés mettre en place un cadre approprié pour la bonne pratique des affaires au Congo.
REFORMES ET CLIMAT DES AFFAIRES
C’est dans ce sens qu’il faut saluer toutes les lois et mesures prises en 2010 pour améliorer le climat des affaires, les efforts pour changer le statut d’entreprises publiques en sociétés commerciales, réduire le nombre de services aux frontières, réduire la durée de création d’une entreprise, adhésion à l’Ohada… Tous ces efforts répondent à une même logique : celle d’attirer les investisseurs en RDC et de l’ouvrir au marché international pour vendre ses ressources minières et naturelles.
L’année 2010 a permis également de développer un débat sur la nécessité de passer de l’exploitation artisanale dans les secteurs miniers, forestier, agricole à une industrialisation pensée et répondant aux besoins locaux et des consommateurs étrangers. En effet, la RDC doit cesser d’être un simple exportateur des produits bruts et un importateur de tous les biens de consommation jusqu’aux cure-dents, aux jus de fruits…
Toutes ces transformations doivent préparer la RDC à mettre en place un véritable marché financier qui aura pour axes principaux les assurances, les banques et la bourse. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire et tant d’autres pays africains ont déjà franchi ces étapes avec succès. 2011 se présente donc comme uune année entre les anciennces pratiques et la nouvelle économie que tous les entrepreneurs invoquent de vive voix. Entreprendre
