L’agriculture est de nouveau à la sellette avec l’intérêt poussé des fonds de placements pour protéger leur argent. La RDC est pour ces fonds une destination de choix de par sa vocation agricole avec sa vaste étendue de forêt (50% du territoire national).
40% de ses exportations était constituée il y a quelques années des produits agricoles. Le pays produit des cultures vivrières telles que le maïs, le manioc, le riz, l’arachide, l’igname, la banane et les fruits tropicaux. Quant aux cultures industrielles, le Congo produit de l’huile de palme, du caoutchouc, du café, du café, du cacao, du thé. Il produit également de la canne à sucre, du coton, du tabac et du quinquina.
Pour promouvoir l’agriculture demeurée traditionnelle, le Gouvernement avait créé dans les années 80 la Banque de Crédit agricole qui malheureusement est tombée en faillite. Cette banque aurait aujourd’hui servi de courroie pour attirer des investisseurs potentiels et pour encourager les agricultures à l’heure où les biocarburants rapportent gros à ce secteur.
Pendant que la consommation mondiale des produits agricoles augmente, la production de biocarburant s’intensifie principalement en Amérique Latine, la RDC devrait disposer d’une politique agricole qui diversifie ses productions de manière à rencontrer les attentes du marché mondial et d’attirer les fonds d’investissements.
Le Congo a donc besoin d’encourager l’ouverture des banques agricoles, de promouvoir la formation du personnel agricole, d’encourager la sédentarisation des agronomes dans les centres ruraux, de former les gestionnaires au management.
Tout en encourageant les privés à réintégrer le secteur agricole, le Gouvernement devrait donner l’exemple en subventionnant l’agriculture, relançant la Banque de crédit agricole avec une présence dans les centres ruraux et en créant des filières agricoles. Cet aspect de choses longtemps négligé est à la base de l’exploitation éhontée des populations rurales au profit d’une poignée des opérateurs économiques qui descendent dans les zones de production, imposent des prix et jouent sur la structure des prix.
A ce rythme, un sac de maïs qui coûte 5.000 FC au lieu de production dans le Bandundu est vendu à 20.000 FC à Kinshasa. Les raisons avancées pour justifier cet écart sont entre autres l’absence de voies de communications (routes), les tracasseries policières et administratives barrières sur les routes même sur le fleuve (Kwamouth), l’ignorance des populations rurales.
Mais le plus fondamental dans ce marché de dupes qui coûte cher aux consommateurs et empêche que nos produits soient exportés à des prix abordables, c’est l’absence de l’Etat. Le Gouvernement a la responsabilité première de réorganiser la filière des différents produits agricoles, notamment la production, la distribution, la commercialisation et l’exportation. La non-maîtrise de ce circuit fera que les agriculteurs continuent à mourir pauvres pendant que des opérateurs économiques s’enrichissent au détriment des consommateurs qui payent toujours plus chers leurs produits.
Ouvert au marché mondial, le Congo ne peut se couper de ces fonds d’investissements, véritables soupapes pour développer l’industrialisation de son agriculture.
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