EMPLOIS PUBLICS ET REMUNERATION : Les 7 ans d’attente de « Mbudi »

Les Députés devraient se saisir des révendications des fonctionnaires pour réclamer au Gouvernement l'application de l'Accord de Mbudi.

Sous la coordination et l’encadrement des syndicats du secteur public, les employés de l’administration publique ont commémoré avec un sentiment de désappointement les sept ans d’attente de l’application d’une nouvelle politique salariale en RD Congo.

Négocié et conclu dans la douleur en l’a

n 2004 sous le gouvernement « 1+4 », le « Contrat Social de l’Innovation » – mieux connu sous le vocable populaire de l’« Accord de Mbudi » – est entré dans sa septième année sans réserver une perspective favorable aux bénéficiaires.

A l’occasion, un important rassemblement des fonctionnaires syndiqués a eu lieu « Place Golgotha », devant le siège du ministère de la Fonction publique.

Au cours de ce rendez-vous important, les délégués syndicaux des deux centrales syndicales , à savoir : l’Intersyndicale de l’Administration publique d’une part, et d’autre part, le Regroupement des syndicats libres du Congo – ont exposé et ouvert les débats sur les conclusions des travaux de la dernière session de la Commission paritaire Gouvernement/Syndicats du secteur public.

Quelques acquis auraient été obtenus dans le sens de l’amélioration des conditions de travail dans le secteur public. Par exemple, la nécessité de mettre à la retraite de manière régulière les agents et cadres ayant effectué leur carrière.

Par ailleurs, un accord aurait été trouvé par les deux parties en ce qui concerne la régularisation de la situation de certains agents (nouvelles unités) dont les dossiers administratifs seraient en ordre pour leur admission sous statut et leur mécanisation.

A en croire des sources syndicales contactées, c’est au niveau de la sous-commission « rémunération » que l’attente principale des syndicats n’a pas été exaucée par le Gouvernement.

Il s’agit de l’application du Contrat social de l’innovation qui prône une nouvelle politique salariale en faveur des fonctionnaires congolais.

Ce fameux « Accord de Mbudi » prévoit 3 phases (ou paliers) d’application dans l’octroi des salaires et des indemnités décentes aux différentes catégories d’employés publics.

Suivant un indice barémique qui va de 1 à 10, le Gouvernement s’est engagé à payer, dans le meilleur des cas, un salaire de 200 dollars américains à l’Huissier  (échelon le plus bas) et un autre de 2.000 dollars au Secrétaire général (échelon le plus élevé) de l’Administration publique.

Incapable d’appliquer ne fut-ce que le premier palier qui octroie à l’huissier un salaire de 68 Usd contre 680 Usd au Secrétaire général, l’Exécutif répète depuis 7 ans le même refrain : « Mbudi » est un objectif à atteindre dans le temps.

Devant ce cas d’immobilisme et de manque de volonté politique, disent les délégués syndicaux, la question va être portée à la connaissance du Premier ministre et du Président de la République dans la perspective de décanter la situation.

Arguments : bénéficier de l’impact de l’annulation substantielle de la dette extérieure au motif que les économies réalisées sont destinées à financer en priorité le social. Les fonctionnaires affirment d’ailleurs que pour atteindre le Point d’achèvement de l’Initiative pays pauvres très endettés, ils ont été mobilisés pour accepter de serrer la ceinture durant de longues années.

Le lobbying projeté auprès des autorités nationales se fera avec l’accompagnement des camarades travailleurs du secteur privé qui attendent eux aussi l’application effective du nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) par le Gouvernement.

« L’espoir fait vivre », rapporte un dicton populaire. Des chaudes empoignades sont donc en vue dans le monde du travail entre employeurs et employés. Avec un risque politique redouté dans la perspective des échéances électorales prévues en 2011 et 2012.  Y.N.

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