Les banques commerciales font de bonnes affaires

title=La mise en place du marché de billets de trésorerie (BTR) par la Banque centrale du Congo (BCC) a permis à l’institut d’émission d’asseoir un certain contrôle des quantités de francs congolais en circulation. Dans le même temps, ce mécanisme monétaire a permis aux banques commerciales de faire, petit-à-petit, de bonnes affaires et d’engranger des profits substantiels

Dans une étude économique et statistique menée par un universitaire congolais, Malingumu Syosyo, et dont l’analyse s’appuie sur les flux monétaires enregistrés au cours de la période allant de 2003 à 2006, l’auteur est arrivé à une intéressante conclusion. Il affirme, en effet, que la mise en place du marché de billets de trésorerie (BTR) par la Banque centrale du Congo (BCC) a permis à l’institut d’émission de contrôler une certaine quantité de monnaie en circulation. Dans le même temps, ce marché monétaire a permis aux banques commerciales de faire de bonnes affaires et d’engranger des profits substantiels. En effet, dans ce marché (BTR), la banque centrale procède essentiellement au rachat des quantités de francs congolais en circulation dans le système bancaire. Le prix attractif (le taux d’intérêt) proposé par la BCC a permis aux banques commerciales d’offrir plus de liquidités en épongeant la circulation hors banque.

7 jours plutôt que 28. De plus, affirme l’étude, les banques commerciales ont affiché une préférence marquée pour un marché à maturité de 7 jours (court terme), plutôt que celle de 28 jours (long terme). En 2003, elles ont fourni une quantité de francs congolais équivalente à 97%  du marché à 7 jours. Tandis que les autres intervenants ont fourni un peu plus de 50% sur le marché à 28 jours de maturité. L’analyse établit qu’en 2005, les mêmes acteurs (banques et autres agents) ont conservé les mêmes tendances, à savoir : 93% des souscriptions à maturité de 7 jours pour les banques, et près de 46% des souscriptions à maturité de 28 jours pour les autres.

Environnement malsain. Quant aux motivations liées à ce comportement du système bancaire, l’étude indique que la préférence pour les marchés à brève échéance s’expliquerait par l’incertitude générée par l’environnement macroéconomique congolais. Les banques estimeraient que les politiques conjoncturelles ont tendance à changer les indicateurs macroéconomiques à tout instant. Dans ce contexte, il vaut mieux adopter une attitude emprunte de précaution et de spéculation que de faire autre chose.

Profit substantiel. Mais, il y a surtout l’appât du gain. D’après l’auteur de l’étude, « si les banques commerciales souscrivent le plus souvent aux billets de trésorerie, c’est en raison du rendement que ceux-ci procurent par rapport à la détention des devises étrangères qui n’ont qu’un rendement faible pendant une période de stabilité monétaire ». En décembre  2005, par exemple, le coefficient de rendement du BTR était de 10,3 pour un taux d’intérêt bancaire de 24,75%. Par contre celui du dollar US était de 1,04. L’analyse souligne de ce fait que « la souscription aux BTR procurait, à un certain moment, un rendement plus d’une fois supérieure à la détention du dollar américain ou de l’euro ».

Impact sur la liquidité. Quant à l’impact du marché de BTR sur la liquidité des banques, l’étude publiée par notre confrère « Le Potentiel » le 08 Mars 2011 retient que « cet instrument a permis non seulement de réduire la capacité des banques à octroyer du crédit à l’économie, mais aussi de réduire les pressions que toutes ces disponibilités pouvaient exercer sur les prix et le taux de change ». L’étude fait remarquer qu’en 2006, le taux de recyclage de la monnaie via les billets de trésorerie a été de 213,9%. Les BTR ont donc joué un rôle crucial au cours du dernier trimestre de 2006 dans la stabilisation des prix intérieurs, du taux de change et dans la régulation des réserves libres des banques alimentées par les virements du Trésor au titre des salaires et des factures fournisseurs, conclut l’étude.

Bien fondé. Il n’est pas sans intérêt de dire que le BTR est un instrument mis en place par la BCC dans l’objectif de renverser les anticipations inflationnistes, et d’assurer le contrôle de la liquidité oisive, assure l’auteur de l’étude.   Y.N

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