La RDC fête ce jeudi 30 juin le 51è anniversaire de son accession à l’indépendance. Mais sur le plan économique, beaucoup reste encore à faire dans un pays qui a longtemps évolué en dehors des indicateurs car sans production et industries locales de transformation de ses matières premières. Cette vision des choses explique que 51 ans après son indépendance, le pays reste dépendant de l’étranger avec 1 milliards USD de dépenses d’importation des vivres alors que le Congo dispose de terres arables, des fleuves et rivières et de la possibilité de développer des élevages et de transformer localement ses produits de première nécessité. Si on y ajoute les nouvelles technologies, le Gouvernement et les privés investiraient près de 3 milliards USD dans l’importation sur un budget annuel d’à peine 7 milliards.
Cette évolution négative a un impact important sur le niveau de vie de la population avec la montée de la pauvreté et ses corollaires dans la mortalité scolaire, les maladies endémiques, le chomâge, l’insécurité… au point que c’est dans ce vivier que tous les fauteurs de trouble viennent puiser pour déstabiliser les institutions du pays, semer la mort, provoquer des déplacements massifs des populations.
Pour renverser ce cycle régressif qui a placé le Congo, autrefois riche et prospère, au bas de l’échelle des pays pauvres du monde, nous pensons, au moment où tous les Congolais sont unis pour célébrer cet enième anniversaire que les dirigeants de ce grand pays, fort du soutien des urnes doivent reconsidérer leur manière de voir l’avenir de ce mini-continent.
On a besoin de sortir des sentiers battus de l’aide étrangère, de la politique des clans et des familles pour voir plus grand que son entourage et son intérêt immédiat. L’heure a sonné pour valoriser les richesses dont le bon Dieu a doté ce pays.
Sans nous couper de la coopération d’avec nos alliés actuels, il apparait urgent de définir pour les 20 voire 30 années à venir la vision globale du développement de ce pays. Cette vision doit prendre en compte tous les secteurs de la vie nationale (agriculture, mines, tourisme…) de telle sorte que les futurs élus ne passent plus leur temps à s’exercer sur le destin d’un peuple fatigué de la misère, des guerres, du chômage. Cette vision, on s’en doute, doit être assorti d’un plan vulgarisé et intériorisé par toutes les couches sociales avec un engagement ferme des dirigeants de ne faire rien d’autre que ce que le peuple attend d’eux.
A première vue, le pari paraît grand et irréaliste pour un pays post-conflit mais la RDC n’est pas un cas exceptionnel au vu des dégâts subis par les pays européens, asiatiques lors des guerres mondiales. Mais, ces pays grâce à un vision et un plan avec l’assistance des partenaires ont fini par s’en sortir.Ce n’est donc pas une fatalité pour la RDC.
Tout compte fait à voir les ambitions d’un grand pays comme la RDC de part sa position stratégique entre le Nord et le Sud de l’Afrique, ses immenses potentialités minières, naturelles, halieutiques, sa forêt, son eau douce, sa population formée, on peut avancer sans crainte que pour les 50 ans qui suivent le Congo n’aura aucune excuse de n’avoir pas su rattraper le train de l’histoire.
Toutes les conditions sont donc réunies pour un décollage rapide de la RDC dans un concert des nations où l’Afrique est appelé à jouer un rôle de premier plan sur le plan de l’environnement (changements climatiques), des richesses minières (coltan, cuivre), des hydrocarbures (biocarburants, pétrole, gaz méthane…). Toutes des ressources dont les industries mondiales ont besoin pour sortir de la crise et maintenir l’équilibre de l’économie internationale.
Le pari est donc à la portée des Congolais s’ils décident cette fois-ci de se lever comme un seule pour rebâtir leur économie et retrouver leur place perdue sur l’échiquier africain et mondial. V.EYOBI
