Au-delà de la politique, un Pacte Economique et social

Seul un dialogue franc entre gouvernants et gouvernés est puissant pour déclencher le changement en RDC.

Un débat de société s’impose pour dégager une vision, les valeurs et les piliers de notre AVENIR économique et social commun

Au seuil d’une nouvelle étape de sa marche vers le développement, la RDC a besoin d’engager une réflexion de fond en vue de baliser son futur et de bâtir une nation puissante au cœur de l’Afrique. Ce challenge passe, néanmoins, par des paramètres auxquels toute la communauté doit se soumettre pour atteindre les objectifs qu’elle s’est assignés.

Le débat de société se présente, sur cette lancée, comme la voie obligée pour réconcilier le peuple d’avec ses dirigeants mais également pour permettre de toucher des questions sensibles (Immigration, endettement, emploi…) pour son développement.

La RDC est donc à un nouveau tournant de son histoire avec les élections prévues en novembre 2011. Cette nouvelle perspective suscite des débats houleux dans le microcosme congolais sur la meilleure manière pour le pays d’accélérer le processus des réformes actuelles et de son développement intégral… Il y a un risque d’esquiver les vrais défis … et ils sont sans nul doute économiques et financiers.

Face aux nombreux défis et aux opportunités qui se présentent à la RDC, le pays a besoin d’un plan stratégique capable de baliser la voie vers des solutions durables aux problèmes structurels qui minent sa marche. Car on ne peut évaluer que ce qu’on a planifié. De même, on peut évaluer correctement les opérateurs politiques actuels sans tenir compte du contenu de leur mandat et de la manière dont ils l’ont mené.

Or, le Congo souffre cruellement de l’absence de plan dans tous les secteurs de la vie nationale. A la place, c’est la gestion au quotidien qui a pris le pas sur des stratégies indispensables pour diriger un grand pays comme le Congo, qui est dans une crise profonde et une précarité certaine.

Les opérateurs politiques sont plus préoccupés par la conquête de la confiance des citoyens que par la gouvernance, la gestion efficiente des ressources publiques, le bien-être des populations principalement de l’arrière-pays… le mandat prime sur l’Etat.

D’un côté, le peuple a raison de se méfier du personnel politique congolais à cause du comportement de la plupart d’entre eux dans le passé même récent mais d’autre part, les Congolais sont allés trop loin au point de priver les dirigeants des pouvoirs réels pour diriger et engager le pays dans des grandes initiatives… pourtant inévitables si l’on désire changer de cap.

Dans les contours financiers en présence, la RDC est INGOUVERNABLE. Le Budget actuel de 7 milliards ne suffit pas pour payer dignement les fonctionnaires, les policiers, les enseignants… afin de rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national. L’économie d’un pays provient de sa consommation. Un grand pays, c’est bien mais sans pouvoir d’achat, l’économie du pays reste faible. Pour avoir un Etat puissant, il faut la consommation et le pouvoir d’achat et l’intelligence. De leur côté,  les pouvoirs publics doivent produire et organiser les circuits de production et de distribution des biens et services.

En effet, avec 7 voire 8 milliards de dollars, même un prestigitateur ne saura pas stabiliser le pays, le gérer au bénéfice de tout le monde. Il faut donc engager des exercices de politique économique périlleux mais porteurs afin que les opérateurs politiques aient les mains libres. Il leur faut des pouvoirs spéciaux et des appuis de la population, bien au-delà des clivages politiques.

Par conséquent, face au fossé toujours grandissant entre le peuple et ses dirigeants, il y a, au préalable, besoin de réconciliation au travers d’un grand débat de société. Ce grand débat aura le privilège de donner au pays une plate-forme de gouvernance sous-tendue par un PACTE DE SOCIETE lui-même tenu par UN CODE DE CONDUITE… nous devons renouveler la société car l’actuelle communauté, elle-même corrompue, ne peut pondre que des politiciens corrompus.

Le Pacte de société alignera d’abord des activités soutenables et immédiates en faveur des plus défavorisés (Asymétrie-Solidarité). Ensuite, il alignera des actions économiques logiques à effet d’entraînements intensifs & durables. Cette double stratégie aura l’avantage de colmater la société et stimuler l’effort dans la solidarité.

Pour cela, il faut concéder des pouvoirs aux dirigeants mais sur un agenda. Le grand plan de développement sur lequel ils devront travailler portera sur 30-50 ans. Cet exercice est bien au-delà des clivages politiques. C’EST UNE QUESTION DE SOCIETE dans sa globalité… sans excuse pour les une et plus d’exigence pour les autres… Nos politiciens ne sont pas nés des pierres, ils sont issus de nos familles et reproduisent en haut ce qui se fait en bas.

Juger les gouvernants sur base des opérations de routine est très réducteur. En effet, au-delà des apparences, il y a un problème réel. Il ne faut pas cautionner l’hypocrisie de société. Tout le monde est concerné par les changements nécessaires qu’il faut opérer dans le pays.

Pays aux potentialités immenses, la RDC a des atouts pour inventer un grand destin. La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International ont de quoi être des partenaires en ce qu’ils peuvent apporter à la RDC le savoir-faire et leur lobbying politique. Mais, ils n’ont pas d’argent pour accompagner le Congo dans le développement intensif. Ils ont tenté de coincer la RDC dans la boîte mais ce n’est plus possible. La CHINE a libéré le Congo. Internet a libéré les Congolais… Il n’y a plus d’initié… la réalité est sur la place publique et les paradis fiscaux sont dévoilés. Plus personne n’est sûr de cacher l’argent volé à des endroits intouchables… la traçabilité des fonds réduira même les plus téméraires à l’intelligence doublée de sage

Fort de cette ouverture, la RDC doit foncer vers les marchés alternatifs des capitaux pour ses actions directes mais surtout devenir un pays PRO-BUSINESS… muni d’un PLAN.

C’est aujourd’hui et on doit BONDIR. Ceux qui disent qu’on peut y aller progressivement sont hypocrites ou veulent nous piéger. Il y a risque social réel à très court terme avec une composante politique et un risque de balkanisation. Le risque social est tel que ce sont les populations vulnérables des coins reculés du pays qui servent désormais de réservoir pour les mouvements de déstabilisation contre le territoire et les institutions de la République. On le voit chaque jour avec les mouvements rebelles qui naissent dans les brousses, qui recrutent des jeunes gens sans aucune formation et provoquent des déplacements massifs des populations, le pillage des ressources minières et naturelles avec en sus des crimes, viols, vols,…

Aujourd’hui plus que jamais, l’heure a sonné pour engager une démarche basée sur des CONCESSIONS des missions publiques et intégrer de nouveaux acteurs et des capitaux frais dans la création des nouvelles industries dont l’effet direct sera la création des emplois, l’augmentation de l’assiette fiscale, le désenclavement des régions entières…

Comme on peut le constater, le développement de la RDC est une question de modernité, un défi international. On est, à certains égards, la réponse aux contraintes des autres. Il faut que la République joue son rôle naturel de manière intelligente et efficace.

Le débat de société engagera des questions sensibles comme l’immigration choisie vers la RDC. Le pays devra faire appel à des cerveaux et des bras qualifiés pour bâtir le Congo de demain…

IL Y A DES PREALABLES et

Il faut parler aux Congolais.

Ils sont intelligents

Ils peuvent comprendre

A.L. Kitenge

Stratège

Entreprendre.
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