La vie est intenable dans les parcelles de Kinshasa, particulièrement là où il y a plusieurs locataires, engendrant ainsi la promiscuité.
Ce phénomène tant décrié est la conséquence de la rareté des maisons et du coût élevé de la location des maisons à Kinshasa. Cette surpopulation ne fait qu’apporter méfaits dans nos parcelles : querelles, injures, bagarres, promiscuité…
Mais, l’usage d’une seule installation sanitaire reste la conséquence la plus grave qui compromet l’hygiène. Celle-ci entraîne des maladies et même la mort par des infections, surtout chez les plus jeunes (enfants)
Raisons
Plusieurs raisons justifient la surpopulation dans les parcelles. Parmi elles, l’absence d’une politique de l’habitat, le coût élevé des loyers payés en monnaie étrangère, la montée de la démographie, le déplacement massif des populations fuyant les guerres et autres calamités. Toutes ces raisons amplifient le degré de pauvreté dans la ville.
Le cas de la commune de Kintambo nous interpelle et nous éclaire suffisamment sur le phénomène. Nous avons à cet effet, rencontré l’agent de la commune de Kintambo chargé de la réglementation dans l’habitat, Madame Georgette NKULU. Elle nous a confié que la loi congolaise ne met pas en exergue l’émancipation du peuple congolais.
L’Etat ne bâtit pas de maisons ou différents appartements à louer. Contrairement à certains pays étrangers où dès 18 ans, les jeunes ne peuvent plus vivre sous le toit paternel, en RDC même dépassé la majorité les jeunes sont gardés à la maison et ils en profitent pour fonder leurs familles sur le lieu, évitant de débourser des sommes importantes pour la garantie locative. A propos de cette garantie locative, la législation la fixe à 3 mois mais la pratique imposée par les bailleurs et les commissionnaires l’a amenée à 10 mois plus la commission, soit 11 mois.
Certains bailleurs exigent aussi trois mois de loyers anticipatifs. Ce qui constitue un lourd fardeau pour les locataires particulièrement dans la tranche des jeunes en voie de s’installer après des années d’études ou au début d’une vie professionnelle.
*Les bailleurs révèlent
Madame Gertrude KIBANGU, bailleresse, se plaint de la surpopulation dans sa parcelle.
Certains locataires font appel aux membres de leurs familles sans le consentement de celle-ci afin que ces personnes auxquelles ils font appel leur apportent une aide quelconque, soit dans le ménage, soit dans le foyer.
Une fois qu’ils s’aperçoivent que leur maison ne plus peut supporter les frères et sœurs qu’ils ont invités, ils ajoutent des « studios » (maison d’une seule pièce qui englobe la chambre et le salon) ou encore des cabanes, soit en tôles d’acier, soit en bois ou encore en terre battue.
Une fois ceux-ci arrivés dans la parcelle, ils cherchent aussi à fonder un foyer avec une tierce personne afin de pouvoir procréer aussi à leur tour.
Les locataires se prononcent
Certains ne préfèrent pas quitter la parcelle familiale juste pour éviter de dépenser de l’argent pour le loyer pendant que cet argent pourrait servir à combler d’autres besoins.
Nous avons dû questionner certains locataires qui en sont victimes : Mr. MASEKA, 40 ans.
Celui-ci nous dira que cela est dû à l’amour ou la chaleur familiale qui fait que, même marié et avec des enfants, ces personnes ne cherchent à quitter leur toit familial (père, mère, grand-mère, fils, filles, oncles, neveux. . .).
Et là, nous parlerons d’une grande surpopulation.
D’autres, ce sont des couples mariés ou vivant ensemble, ayant un taux de natalité généralement élevé.
Une fois que ces enfants ont grandi, certains garçons vont ramener des filles enceintes à leur tour, ou des filles qui ramènent des grossesses.
Alors, n’ayant pas d’endroit où vivre, ils n’ont pas le choix que la parcelle de leurs parents.
Glodie MUAMBA/Stagiaire