RDC : la Standard Bank, conseiller financier dans la cession de la CINAT

La première banque africaine par le total bilan a été retenue, suite à un appel d’offres international lancé par le gouvernement de la RDC, comme conseiller financier dans le cadre du processus de cession partielle de la CINAT. Détails

La première banque africaine par le total bilan a été retenue, suite à un appel d’offres international lancé par le gouvernement de la RDC, comme conseiller financier dans le cadre du processus de cession partielle de la CINAT. Détails.

Suite à un appel d’offres international lancé par le gouvernement de la RDC, la Standard Bank a été retenue pour accompagner la cession partielle de la CINAT. Le portrait robot du futur repreneur est connu : « Un partenaire stratégique devant mettre en œuvre la réhabilitation et le développement de la compagnie », fait-on savoir chez Standard Bank. Il s’agit d’un deuxième processus pour la CINAT. En mai 2008, le gouvernement de la RDC avait lancé un processus sous forme de vente de 41% de la CINAT, dont 31% à un partenaire stratégique et 10% à des investisseurs locaux. Le groupe Lafarge avait été sélectionné comme partenaire dans le cadre de ce processus, mais la transaction n’avait pas été finalisée en raison de divergences entre l’Etat congolais et le groupe cimentier. Le choix de la Standard Bank, rompue à ce genre de négociations, permettra-t-il enfin de mener le processus à terme ? Pour rendre la CINAT attractive, l’Etat congolais s’engage à reprendre la dette de la société envers lui et les sociétés parapubliques. Cette fois-ci, le partenaire stratégique se verra proposer un bloc majoritaire. De plus, l’agenda est maîtrisé. L’appel à manifestation d’intérêt devant se faire pour le 12 mai et la remise des offres le 20 juillet prochain.

Cette opération est stratégique pour le plus grand pays d’Afrique, en déficit chronique de ciment, avec une production de 780 000 tonnes par an et une demande 3,2 millions de tonnes.

Cette opération est stratégique pour le plus grand pays d’Afrique, en déficit chronique de ciment, avec une production de 780 000 tonnes par an et une demande de 3,2 millions de tonnes. D’où le recours aux importations en provenance de l’usine de ciment de Lafarge Ndola, en Zambie (qui exporte 14 000 tonnes vers la RDC tous les mois), et de divers fournisseurs à travers le port de Matadi, sur la côte atlantique. La demande en ciment devrait encore augmenter, portée par les projets d’infrastructures menés par des entreprises chinoises et coréennes. Compte tenu de la pénurie persistante, les prix du ciment sont élevés en RDC, où la tonne atteint 200 dollars et le sac de 25 kilos se négocie à 25 dollars. Pour y pallier, le gouvernement de la RDC et celui du Japon ont signé un accord de livraison de 35 900 tonnes en 2011. A noter que la consommation du ciment par habitant au Congo est l’une des plus basses en Afrique, représentant moins de 10% de la consommation de ciment par habitant au Ghana, par exemple.

Portrait de la mariée

La production nationale congolaise est assurée en grande partie par le groupe HeidelbergCement (Suisse, numéro trois mondial), qui a récemment pris une participation majoritaire dans l’activité ciment du groupe Forrest en RDC. Le groupe suisse détient 55% de la cimenterie de Lukala (Cilu), située à l’ouest de Kinshasa. De même, HeidelbergCement contrôle 70% du capital des deux usines Interlacs et Cimenkats, situées à l’est du pays. Le groupe, qui produit annuellement 500 000 tonnes, compte tripler ses capacités pour atteindre 1,4 million de tonnes de ciment par an.

La CINAT assure actuellement 280 000 tonnes environ. Contrôlée par l’Etat congolais à hauteur de 91,7%, par le groupe Rawji (7,5%) et par le groupe Blattner (0,8%), l’entreprise souffre de problèmes financiers récurrents qui s’ajoutent à une alimentation électrique irrégulière et au manque d’infrastructures pour le transport. La CINAT dispose d’usines construites entre 1971 et 1972 par FLSmidth. L’usine est située à côté de sa propre carrière, sur une concession de 558 hectares alliant qualité de la pierre de chaud et d’argile. Les réserves de calcaire connues sont estimées à 8,5 millions de tonnes. L’extraction de calcaire est réalisée au moyen d’explosifs. La capacité de production nominale est de 350 000 tonnes. « La production structurelle est en dessous de ce seuil à cause d’une insuffisance structurelle de trésorerie qui a entraîné un manque d’entretien des installations et un manque de carburant », indique-t-on. Les besoins financiers pour une relance de l’activité sont estimés entre 40 et 50 millions de dollars.

MBF

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