Quatre ans après le démarrage de la réforme des entreprises publiques, la Régie des voies aériennes, comme tant d’autres entreprises retenues dans le cadre de ce processus, a difficile à se frayer un chemin vers leur rédecollage.
Le cas de la RVA interpelle à plus d’un titre car cette entreprise stratégique dans le secteur des transports souffre actuellement d’une absence de financement (150 millions USD) qui devrait permettre de poursuivre le chantier de reconstruction des installations aéroportuaires à Kinshasa et à Lubumbashi.
Placée sous la tutelle du Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (Copirep), organe désigné par le Gouvernement et soutenu par la Banque mondiale pour bien à mener la réforme, la RVA reste limitée au changement de ses statuts sans une amlioration réelle de sa gestion et de son management.
Et pourtant, le Copirep dans son rapport annuel 2009 s’était fixé pour mission de stabiliser les activités des entreprises en réforme afin d’arrêter la dégradation de leur situation technique, opérationnelle et financière.
Lors de sa conférence matinale de vendredi 24 juin, le magazine économique Entreprendre a déploré que peu d’accent est mis jusqu’à ce jour sur l’aspect gestion des entreprises réformées, laissant la main libre aux dirigeants politiques qui continuent à exploiter le peu de ressources dont disposent encore les entreprises. Ils ont également déploré l’absence d’un plan national suivi et motivé par les autorités politiques, qui abandonnent pratiquement la responsabilité au Copirep pour conduire tant bien que mal le processus.
Or, la réforme des entreprises publiques entre dans le cadre général des réformes initiées depuis 2002 par le Gouvernement pour refonder l’Etat congolais. malheureusement, ces réformes sont appliquées au gré des volontés des acteurs politiques.
D’où, une reformulation de la stratégie à appliquer pour l’accélération et le bon déroulement de la réforme des entreprises. Ces stratégies à inclure dans un plan général de développement économique devraient impliquer tous les acteurs de ce processus.
Le Gouvernement également doit se définir par rapport à la vision des institutions de Bretton Woods qui recommandent le DSCRP, le Programme économique du Gouvernement (PEG) et d’autres schemas qui, au finish, ne donnent pas de résultats escomptés. Un cadre de travail adapté aux réalités congolaises et prenant en compte les exigences de la mondialisation serait l’idéal pour assainir l’espace des réformes actuelles et d’engager chaque acteur à des résultats. EN
