CRASH AERIEN DE KISANGANI : La grande responsabilité de l’Etat congolais

La sécurité aérienne demeure un défi pour le gouvernement congolais.

Placé dos au mur par les critiques de l’opinion publique et voulant donner l’impression que la situation est sous son contrôle, le gouvernement congolais, a décidé de retirer à la compagnie aérienne Hewa Bora sa licence d’exploitation.

Au terme de l’arrêté ministériel pris par le ministre des Transports et Voies de Communications ad intérim, aucun avion de cette entreprise privée n’est autorisé à survoler l’espace aérien congolais, et ce jusqu’à nouvel ordre.

Selon le ministre Martin Kabwelulu, auteur de la mesure prise le 13 juillet 2001, cette décision restera de mise en attendant la fin des enquêtes commises après le crash survenu à Kisangani en date du 08 juillet 2011. « Il faut clarifier les causes et établir des responsabilités de cet énième accident d’avion de Hewa Bora », a commenté le ministre Kabwelulu.

En 2009, un autre avion de la même compagnie est tombé à l’aéroport de Goma, province du Nord-Kivu. A ce jour, les familles des victimes n’ont été indemnisées. A Kisangani, le crash a fait près de 80 morts et plusieurs blessés graves. L’opinion déplore une prise en charge quelconque des blessés et des morts. Le gouvernement pointe du doigt deux erreurs humaines, l’une dans le chef des aiguilleurs du ciel de la RVA et l’autre dans celui de l’équipage de l’avion Boeing 727.

Des sources occasionnelles rapportent que le commandant de bord aurait décidé d’atterrir malgré une pluie orageuse qui tombait ce jour-là dans cette ville, en dépit de la consigne contraire envoyée par la tour de contrôle.

Une semaine après ce douloureux évènement, après que la tension soit retombée, de plus en plus de voix s’élèvent dans l’opinion pour stigmatiser la responsabilité première de l’Etat congolais dont la mission essentielle est de protéger et de sécuriser les personnes et leurs biens.

Selon des observateurs avertis, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’Etat a failli dans ce secteur. Aujourd’hui, la qualification du personnel, l’état technique des matériels d’aiguillage et équipements aéroportuaires de la Régie des voies aériennes (RVA) sont remises en cause.

L’interdiction de vol qui frappe les avions de Hewa Bora arrive trop tard au moment où les aéronefs de cette compagnie aient fait mort d’homme à plusieurs reprises. Le contournement de la SONAS qui jouit pourtant d’un monopole en matière d’assurance en RD Congo. L’arrogance même du Directeur général de Hewa Bora qui défie publiquement les autorités congolaises. Et enfin, L’attitude désinvolte du gouvernement qui laisse vacant durant des mois un poste ministériel stratégique alors que des compétences existent. Il y a matière à changer la gouvernance des choses en RD Congo, chute un analyste économique pointu.

Y.N

Entreprendre.
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