
Le Congo a besoin d'un budget ambitieux qui va propulser le développement de tous les secteurs de son économie, notamment l'agriculture.
Dans une tribune publiée dans les colonnes du quotidien kinois « Le Potentiel » daté du mercredi 06 juillet 2011, deux intellos congolais, en l’occurrence, AL Kitenge et Madimba Kadima-Nzuzi, proposent à l’opinion de débattre sur la nécessité de doter le Congo d’un budget à la dimension de ses défis de développement.
Dans leur analyse de la situation économique et sociale, ils commencent par une observation : toutes les théories de développement appliquées à la République Démocratique du Congo n’ont pas fait de lui un pays émergent, affirment-ils.
Ensuite, ils font remarquer qu’à l’heure, les débats publics qui se tiennent sur les espaces publics devraient de préférence se focaliser sur les projets de société que de porter sur les opérateurs politiques.
Affirmant que le volume du budget d’un Etat lui confère sa puissance économique et politique, ils s’insurgent contre l’état de pauvreté dans lequel vivent des Congolais auxquels leur Etat consacre à chacun d’eux +/- 84 dollars US par an, soit moins d’un dollar par jour et par personne.
La suite logique de leur raisonnement est claire : il faut à tout prix augmenter le budget de l’Etat congolais pour lui permettre de s’assumer entant que grande nation, sinon sur le continent africain, du moins dans la région de l’Afrique centrale. « Il faut donc consacrer plus d’argent à la maîtrise du territoire national et au bien être pensé et planifié de la population », peut-on lire dans Le Potentiel.
Par quels mécanismes augmenter ce budget ?
De l’avis de ses deux intellos :
1°- « Il faut s’endetter » parce que disent-ils, « l’endettement a été et reste le mécanisme couramment utilisé par le Congo » pour résoudre ses problèmes de manque de moyens financiers.
2°- La RD Congo a aussi la possibilité de « lever des capitaux sur les marchés financiers », affirment-ils. Mais, au préalable, les Congolais devraient d’abord « procéder à l’identification, puis à la certification de tout ou partie des richesses matérielles. Par la suite, présenter ces certificats en garantie pour lever des fonds», croient les deux auteurs de la réflexion.
Que faire de l’argent obtenu ?
A cette interrogation, les deux analystes pensent que, je cite, « pour renforcer la confiance des marchés, l’Etat congolais peut créer un fonds d’investissement au bénéfice des porteurs de projets, qu’ils soient nationaux ou étrangers ».
3°- Enfin, la troisième piste envisagée consiste, je cite, « à concéder des missions publiques aux entreprises privées qui vont ensuite mette en œuvre des activités économiques à effet d’entraînement rapide ».
Nous sommes-là en présence d’un modèle de partenariat public-privé qui peut conduire vers des synergies public-privé d’un genre ambitieux, estiment-ils.
Mais, préviennent-ils : « toute tentative d’augmenter la puissance de l’Etat congolais sera vaine et inutile si elle n’est pas accompagnée d’un plan de développement à court, moyen et long termes ».
Dans le débat, il est clairement apparu la nécessité de réconcilier les populations des dirigeants grâce à une vision et un projet digne du Congo venant de la base et portée par les responsables à la tête du pays. Entre deux mouvements, le Congo jouit de son indépendance pour contracter des prêts remboursables selon des modalités bien définies (échelonnés dans le temps, troc…) mais investis dans des domaines porteurs de développement économique (des projets structurants). De deux, il y a possibilité de lever des capitaux sur le marché financier qui est ouvert à tous les Etats. De trois, le gouvernement doit s’atteler à la certification des réserves des ressources naturelles (24 milliards USD de potentiel estimé). Ce qui va lui permettre d’attirer des investisseurs qui circulent à travers les continents à la recherche de gros marchés.
Avec l’argent ainsi obtenu, le Congo devra mettre en place un fonds d’investissement à l’exemple du Foner. Il pourra également concéder des missions publiques aux privés pour atteindre ses objectifs. Le cas des assurances, d el’eau, de l’électricité, du transport…
Mais le socle de tout ce processus est bien sûr le Plan national de développement étalé dans le temps (court, moyen et long terme). Ce plan doit être expliqué, solliciter l’implication de toutes les couches de la population pour leur permettre de s’en approprier et d’accompagner les dirigeants au lieu d’en devenir des freins. YENGA NDULA