La RDC doit publier tous les contrats avec les sociétés multinationales qui exploitent les ressources naturelles du pays. C’est ce qu’a recommandé, ce vendredi 5 août, l‘expert indépendant des Nations unies sur l’impact de l’allègement de la dette extérieure de la RDC sur les droits humains, Cephas Lumina, au Gouvernement congolais.
Lors d’un point de presse à Kinshasa, Cephas Lumina a rendu public les conclusions préliminaires de son enquête effectuée du 25 juillet au 5 août, à l’invitation des autorités de la RD Congo.
L’expert indépendant des Nations unies a reconnu les efforts fournis par la RDC, qui a atteint, en juillet 2011, le point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres Très endettés), entrainant un allégement de 90% de sa dette extérieure évaluée à 13,7 milliards USD.
Cependant, a-t-il souligné, beaucoup de défis restent à relever pour atteindre le développement durable. Il s’agit notamment de la lutte contre la corruption, de la transparence dans la gestion des ressources publiques et de la jouissance, par les citoyens congolais, des avantages de l’investissement étranger.
A ce sujet, Cephas Lumina a déclaré: «Quand bien même les gains de l’allégement de la dette seraient limités, il serait de la responsabilité du gouvernement d’assurer qu’ils soient utilisés de manière effective, au bénéfice de la population, spécialement des pauvres et autres groupes vulnérables.»
Il a également plaidé pour le soutien à l’entreprenariat local. Pour lui, l’allégement de la dette devrait favoriser le changement, pour offrir à la population ces services de base, qui constituent tous des droits humains:
l’accès à l’eau, l’assainissement, l’éducation, la santé et le logement
Par ailleurs, l’expert indépendant de l’Onu a mis en garde le gouvernement congolais contre le risque de dilution des gains issus de l’allégement de la dette à la suite des actions des fonds vautours.
Pour Cephas Lumina, les actions de ces fonds dans des pays pauvres sont répréhensibles.
Ces conclusions préliminaires devraient faire l’objet d’un rapport qu’il compte déposer au Conseil des Droits de l’homme des Nations unies en 2012.
