Marly Diallo : « CR2 veut faire de la RDC son fer de lance en Afrique francophone »

Mme Marly Diallo, responsable régional CR2

Regional Manager chez CR2, Marly Diallo vise le marché puissant de l’Afrique centrale pour imposer la solution qu’apporte son entreprise aux opérateurs économiques. Lors de son récent séjour à Kinshasa, elle a rencontré principalement les banquiers qui n’ont pas résisté pour adopter sa solution.

Madame, voulez-vous vous présenter aux lecteurs du magazine Entreprendre ?

Marly Diallo :Je suis basée à Dubai et je suis en charge de l’Afrique de l’Ouest et du Centre avec un focus sur l’Afrique francophone qui est un marché sur lequel CR2 n’est pas présent à l’heure actuelle. Et c’est de manière stratégique que CR2 a préféré se concentrer sur le marché anglophone beaucoup plus dynamique. J’ai été recrutée effectivement pour développer le marché francophone, qui, àmon avis, est un marché  avec un potentiel de croissance élevée.

Mon déplacement cette semaine à Kinshasa m’a confirmé que j’ai raison sur ce point, qu’ily a vraiment un gros potentiel de croissance dans la fourniture des nouvelles solutions pour des banques qui, dans le cas du Congo, le secteur bancaire est très dynamique, mais a besoin des innovations.

Aujourd’hui, les banques proposent des services qui sont quasiment similaires et nous, notre mission avec Synergy-Group, c’est vraiment de leur proposer des services à valeur ajoutée et des services qui vont permettre à une banque de se différencier des autres mais également de capter un nouveau type de clientèle, une clientèle qui n’est pas bancarisée. Parce qu’il faut savoir que sur 70 millions d’habitants en RDC, il y a à peine 1 million de comptes bancaires. Il s’avère que peut-être une personne ou une entité possède une ou plusieurs comptes domicilié à différentes banques. Ce qui prouve que la bancarité, c’est-à-dire le circuit de bancarisation est très faible au Congo. C’est vraiment la possibilité pour les banques mais également les institutions de microfinances et la poste d’accéder à une clientèle qui est encore dans le circuit informel pour les payements quotidiens.

Quels étaient vos objectifs en venant à Kinshasa ?

En venant à Kinshasa, Synergy-Group m’a bien expliqué qu’il y avait un potentiel de marché et qu’il fallait rencontrer les banques et présenter notre solution. L’objectif premier était de défricher le marché et voir quelles sont les opportunités et décrocher les marchés.

Comment vous avez trouvé la réaction de vos interlocuteurs vis-à-vis de vos produits ?

Des réactions assez positives dans l’ensemble. Des banques intéressées et qui ont envie vraiment d’innover et puis de se reposer sur leurs accès et leurs alliés pour se différencier de la concurrence. On sent que le marché bancaire a envie de faire un boom pour d’une part fidéliser leursrelations existantes et également capter des nouvelles.

En quoi vos produits sont différents de ceux qui se trouvent sur le marché congolais ?

La différence pour notre plate-forme aujourd’hui, c’est que c’est vraiment une plate-forme intégrée et qui permet depuis un point principal, un point unique d’avoir accès à l’ensemble de canaux de distribution, c’est-à-dire une plate-forme qui permet d’accéder aux clients via différents points de contact : le terminal de paiement quand le client va chez un commerçant, l’ATM quand il va retirer de l’argent, le téléphone portable s’il a besoin d’avoir des informations sur son compte et également des informations sur des transactions qui ont été faites. Par ailleurs, le client a la possibilité d’envoyer de l’argent à un non client via son téléphone mobile et ceci quel que soit l’opérateur utilisé. Le receveur peut ainsi à son tour utiliser son crédit pour retirer l’argent à un ATM ou l’envoyer vers le téléphone portable d’une autre personne. Le bénéfice pour la banque est  l’acquisition de nouveaux clients à un cout limité mais surtout de garder l’argent envoyé électroniquement dans ses comptes.

Notre principale différence, c’est d’avoir cette plate-forme intégrée qui permet aussi aux banquiers d’avoir une vision à 360 degrés sur toutes les transactions qui ont été faites mais également de faire des campagnes marketing ciblées à des clients afin d’augmenter leur revenu.

Après cette première étape, qu’est-ce que vous prévoyez pour les jours, les mois à venir ?

Pour les mois à venir, bien sûr que je vais revenir régulièrement à Kinshasa. Pour une bonne moyenne une fois par mois ou une fois tous les deux mois, parce que nous avons un partenaire un partenaire local qui est bien assis, qui est très dynamique mais là mon objectif c’est de faire du Congo le fer pour l’Afrique francophone. Parce que je pense que l’éco-système de paiement congolais aujourd’hui réunit tout ce qui se passe à l’échelle africaine et il y a vraiment une opportunité pour le développement de l’Afrique

Y a-t-il des préalables que vous demandez aux banques congolaises ?

Des préalables non, la plupart de banques aujourd’hui sont équipées d’un système informatique. Certaines sont entrain de démarrer sur la partie monétique. Des préalables, nous n’en avons pas. Ce dont nous avons besoin, c’est des banques dynamiques qui veulent vraiment innover avec des services intéressants à leurs clients.

Après la RDC, vous irez encore dans quel pays d’Afrique centrale ?

En Afrique centrale, je compte me rendre au Cameroun et au Gabon. Je pense qu’il sera intéressant devoir quelles sont les opportunités mais comme je vous l’ai expliqué, je pense que le Congo est un marché intéressant parce que c’estune partie des flux régionaux comme le Gabon, le Cameroun, le Mali, le Sénégal et la Côte d’Ivoire pour l’Afrique de l’Ouest. Et le Congo à la différence de ces pays a beaucoup de banques nationales, des banques locales qui sont nationales, c’est-à-dire pour ne pas citer la Raw Bank et la Biac par exemple qui sont des banques qui rayonnent au niveau du au Congo, mais aussi dans les capitales européennes ou dans d’autres capitales européennes.

Ce sont des banques qui sont vraiment locales, vraiment congolaises. Le Congo est le fer de lance. Il pourra également servir de site de référence pour les pays francophones. Il faut savoir que la particularité du Congo du fait de sa proximité avec les pays anglophones et lusophones, sa participation à la Sadc. C’est un pays avec lequelon peut travailler aussi bien travailler en anglais qu’en français. Ce n’est pas forcément le cas de certains pays de l’Afrique de l’Ouest.

Y a-t-il des conditions pour devenir votre partenaire d’affaire ?

Oui effectivement, il y a des conditions. Bien entendu, il faut être présent au niveau du milieu bancaire, entrain de faire des activités bancaires, être une société de services, parce qu’aujourd’huien Afrique, il est rare de trouver des sociétés prestataires qui savent vendre des produits de qualité comme Synergy-Group et aussi avoir des gens compétents qui peuvent retransmettre le savoir que nous allons leur transmettre.

Propos recueillis par

Victoire EYOBI

Entreprendre.
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