L’artisanat minier au Katanga au peigne fin

Dans une interview publiée dans le supplément  « monde des affaires » du journal Le Potentiel, Franck Fwamba, Directeur exécutif d’une organisation de la société civile dénommée « Ressources Naturelles pour le développement», dévoile le changement qu’il y a actuellement dans l’artisanat minier au Katanga.

En effet, concernant le contenu de l’enquête menée sur terrain du 15 mai au 15 Août 2011 à Likasi et Kolwezi sur les grandes avancées de l’artisanat minier dans le Katanga, il fait remarquer que c’est une suite du rapport intitulé « L’exploitation minière artisanale dans la province du Katanga » publié en juillet 2004 par la Nouvelle Dynamique Syndicale. Un rapport dont les recommandations importantes ont été à la base de la création de sa structure.

De cette enquête, il se dégage qu’à Kisankala et à Shamitumba à Likasi,  l’activité artisanale est pratiquement passée du « creusage-écrémage », non encadré avec tous les accidents mortels connus sans retombées financières au « ramassage-triage » encadré financièrement lucratif. Pour lui c’est un résultat des efforts conjugués par le groupe Bazano qui n’est plus dans l’artisanat depuis la promulgation du code minier en 2002.

Les grands acheteurs des produits artisanaux d’hier sont aujourd’hui des grands groupes industriels en pleine diversification ayant investi dans l’obtention des titres miniers, engins miniers, personnels qualifiés et essentiellement tournés vers l’exploitation industrielle. Il a également révélé que la  nouvelle vision des choses pour ces organisations de la société civile c’est de critiquer objectivement les entreprises du secteur des ressources naturelles afin de faire améliorer la situation comme dans d’autres pays.

C’est dans cette optique que ces organisations ont dénoncé dans un rapport la pollution de la rivière Kafubu vers Kipushi par la compagnie minière du Sud Katanga et la Gécamines causant d’énormes dégâts néfastes directs et indirects dans la vie de plusieurs compatriotes.

Le choix porté sur le groupe Bazano dans le réalisation de l’enquête se justifie par le fait que ce dernier est considéré pour les enquêteurs comme un des meilleurs élèves qui ont compris que les autorités gouvernementales avaient libéralisé l’artisanat minier dans la filière cuivre et cobalt pour créer une classe sociale moyenne et voir émerger des Petites et moyennes entreprises congolaises viables et bénéfiques à la société nationale.

Franck Mwamba a également cité parmi les entreprises modèles Boss Mining, Mining Minerals Ressources, Groupe Somika et le Groupe Forrest dont les activités seront reprises dans son ouvrage qui va paraître incessamment.

En ce qui concerne les résultats attendus de cette enquête, le directeur exécutif de RND a fait remarquer que l’objectif était de faire comprendre le changement de l’artisanat minier dans le Katanga et les artisanaux et négociants miniers d’autres provinces notamment ceux de l’Est du pays doivent s’inspirer de l’exemple du Groupe Bazano et les autres afin de changer leur mode d’exploitation des minerais.

C’est dans ce sens que le président de la LOCOCO, Ernest Mpararo a interpelé les artisanaux et négociants miniers du Kivu à faire mieux qu’au Katanga. Tout cela pour faire savoir à la communauté internationale que l’exploitation artisanale est légale en RDC et que certains négociants d’hier sont devenus des industriels aujourd’hui. Mais cet artisanat minier dépend de plusieurs facteurs et est en pleine mutation depuis deux ans déjà en devenant semi-industriel.

Aussi, selon Franck Fwamba, ce sont des contingences naturelles qui font qu’il y ait des gisements qui ne peuvent être exploités que d’une manière semi-industrielle. Ce qui fait que l’artisanat minier au Katanga ne se fait plus comme aux années avant car presque tous les périmètres miniers sont attribués par le Cadastre minier à des demandeurs dans le secteur cuivre-cobalt.

La décision c’est entre propriétaires des titres, sous-traitants, coopératives et gouvernants. Contrairement au secteur de coltant et cassitérite où il y aurait encore des sites non octroyés dans le Katanga et qui intéressent les négociants qui viennent du Kivu sans aucune vision de la semi-industrialisation accusant ainsi le Katanga de la balkanisation minière parce qu’imposé de travailler comme la société Mining Minerals Ressources.

D’après RDN, c’est impérieux que le ministère des mines impose le modèle d’artisanat minier du Katanga dans d’autres provinces.

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