Au-delà des élections

Les Congolais doivent se donner la main pour bâtir une économie de développement.

La RDC vit à l’heure des élections présidentielles et législatives qui ont une incidence directe sur la situation économique du pays.

Avec 70 millions d’habitants et un territoire vaste de 2.354.000 km, le pays a urgement besoin d’un plan pour promouvoir son développement. A cela, il faut ajouter l’émergence des leaders capables de se dépasser sur le plan personnel et de leurs entités politiques pour organiser le cadre voulu pour le développement du pays.

Ce cadre bien identifié et choisi permettra à la RDC après des années de guerre et de crise de se mettre au diapason de la compétition avec les autres nations africaines.

LE PLAN TRIENNAL IVOIRIEN

La Côte d’Ivoire au sortir des affrontements post-électoraux, a vite fait de se doter avec l’appui du Pnud d’un plan de 3 ans. Et cela avant de mise sur des prospectives devant baliser le chemin de la reconstruction et du développement de ce pays dont l’économie est basée essentiellement sur la production du cacao.

Avec un budget de 7 milliards USD et des besoins immenses, la RDCongo reste ingouvernable car dans l’impossibilité d’assurer convenablement ses missions régaliennes (police, administration, diplomatie…). Des territoires entiers continuent à échapper au contrôle du gouvernement faute d’une présence effective des agents des services publics (la police, l’administration, la poste…).

Cette situation profite aux pillards des ressources naturelles du pays qui ont pris en otage des populations et des parties stratégiques de l’économie de la république car regorgeant des ressources rares telles le diamant, l’or, le coltan.

Nourries aux mamelles des puissances financières internationales, ces forces rebelles risquent de poursuivre leur sale besogne si le Gouvernement qui vient après les élections ne prend pas la mesure de leur incidence négative sur l’économie du pays. Non seulement qu’elles privent le trésor public des ressources indispensables pour sa politique mais encore elles entretiennent la pauvreté, l’analphabétisme, l’esclavage dans les territoires qu’ils contrôlent.

Comparativement à un pays comme l’Angola qui aligne 50 milliards pour une population d’à peine 15 millions d’habitants ou la République du Congo avec ses 6 milliards de dollars pour 4 millions d’habitants contre 70 millions en RDC pour un budget de 7 milliards USD, on comprend que tous les indicateurs de croissance ne changent rien au vécu quotidien des populations congolaises.

La croissance telle que brandie par le Gouvernement de 7,2% en 2010 est une donnée fragile, même si elle atteignait 10%, avec un tel niveau de budget ne représentera rien que des chiffres sans commune mesure avec la réalité sur le terrain, notamment dans l’amélioration sensible de la vie des populations.

C’est ainsi que des populations continuent à se plaindre malgré des efforts fournis pour reconstruire les principaux artères dans les villes et dans les zones rurales.

Même les efforts déployés dans l’amélioration des conditions salariales des médecins (700 USD), des magistrats (1600 USD) ou des professeurs d’université (2200 USD) ne semblent pas significatifs dans un cadre macro-économique qui sort lentement de la crise.

Le chômage continue à frapper près de 50% de la population active, de milliers de citoyens œuvrent dans l’informel (90% des activités économiques) pendant que des investissements créateurs d’emploi restent à compter du bout des doigts du fait des contraintes du climat des affaires où des taxes et tracasseries demeurent encore de

mise.

NECESSITE D’UN BOND QUALITATIF

En réalité, le pays a besoin d’un bond qualitatif, comme l’a si bien soutenu dernièrement le stratège A.L. Kitenge, président de la Fondation Entreprendre. Les perspectives du développement de la RDC se situeraient donc dans cette vision de plus en plus partagée d’un bond qualitatif.

Ce bond amènerait les dirigeants à envisager le Congo sous un jour nouveau avec des plans ambitieux capables de mobiliser des capitaux frais dans les marchés financiers internationaux et de renforcer l’assiette des recettes internes afin de financer sa reconstruction. L’Irak pour la reconstruction de ses infrastructures a eu besoin de 100 milliards USD. Montant qui est de loin supérieur aux 6 milliards du contrat chinois, du reste, très combattu par les institutions financières occidentales.

Mais face à sa vocation africaine et mondiale, le Congo a l’obligation de changer le format de sa vision pour prendre en compte les 70 millions de Congolais à qui il faut donner du travail, assurer des soins de santé de qualité, donner accès aux services de l’administration et renforcer la protection.

Tous ces défis ne sauraient être relevés dans le cadre limité du budget actuel de 7 milliards. Le Congo a besoin de dix fois le montant actuel et est capable de lever sur le plan interne plus de dix fois le montant du budget actuel si tous les leviers sont mis en marche pour lutter de façon efficace contre la corruption, motiver les fonctionnaires, doter l’administration des technologies de la communication, informatiser le système de travail…

AMNISTIE FISCALE

A son arrivée à la tête du ministère des Finances, le ministre Matata Ponyo a démontré qu’il était possible de doubler les recettes publiques. Mais, pour les observateurs, cela n’est possible que si le Gouvernement accepte la cure d’une amnistie fiscale qui ferait table rase du passé et permettrait à tous les opérateurs économiques de repartir sur des bases nouvelles et saines, garantissant ainsi l’augmentation effective des recettes publiques. Ce d’autant plus que, d’après la Fédération des entreprises du Congo (FEC), 15 milliards de dollars circuleraient dans le circuit informel de l’économie.

Ce montant reionvesti dans le circuit formel via les banques et le fisc, couplé aux efforts d’assainissement des finances publiques (lutte contre la fraude et la corruption…) et de l’amélioration du climat des affaires (réduction des services aux frontières, des tracasseries, des taxes non obligatoires, le Congo peut atteindre en peu de temps un budget de 30 à 50 milliards de dollars.                                  Entreprendre

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